POLITIQUE

God Save Justin Trudeau: au nom du père, du fils et des libéraux (ENTREVUE)

12/11/2014 11:13 EST | Actualisé 12/11/2014 11:21 EST

Justin Trudeau a marqué l'imaginaire des Canadiens lorsqu'il est ressorti vainqueur de son combat de boxe contre le sénateur conservateur suspendu Patrick Brazeau en 2012 contre toute attente. La belle gueule du chef du Parti libéral du Canada séduit toujours les électeurs coast to coast, mais pourra-t-il mettre le gouvernement Harper K.O. lors des élections fédérales en 2015? Entrevue avec les cinéastes Guylaine Maroist et Éric Ruel, qui se sont imprégnés de la politique-spectacle du possible futur premier ministre dans le documentaire God Save Justin Trudeau.

Pourquoi vous êtes-vous penchés sur le cas de Justin Trudeau?

Guylaine Maroist : On trouvait ça trop bon – deux jeunes politiciens, un jeune sénateur conservateur et un jeune député libéral, qui allaient s’affronter dans un ring de boxe, comme métaphore de l’arène politique. Je voyais les personnages et je me disais : « C’est incroyable comme métaphore! » J’ai appelé Éric et on a interrompu le montage de deux de nos films pour aller tourner le match de boxe à l'hiver 2012.

Justin Trudeau fait-il partie de la royauté canadienne tout comme la famille Kennedy fait office de famille royale aux États-Unis?

Éric Ruel :Justin is the prince of Canadian politics et Justin devient un homme en se battant, possiblement le roi. On se rappellera que le contexte était particulier en 2012. Le Parti libéral du Canada est deuxième opposition, ils sont au sous-sol littéralement. Donc pour les membres du PLC, Justin arrive un peu comme un sauveur. Il est celui en qui les membres placent tous leurs espoirs.

Il y a également une pointe d’ironie dans le titre à propos de tous ces gens qui voteraient pour lui aveuglément. Aussitôt qu’il a été porté à la tête du PLC, les sondages indiquaient qu’il pourrait avoir un gouvernement majoritaire à Ottawa sans jamais avoir dit ce qu’il en ferait. Donc, ces gens-là voteraient aveuglément pour ce roi-là. Est-ce que le roi est nu? C’est une question qu’on se pose.

Qu’est-ce que le branding «Justin Trudeau»?

G.M. : L’idée de la politique-spectacle, c’est qu’il y a aussi une fascination pour les beaux personnages. Justin a une histoire de contes de fées : il est né au 24, Sussex, on l’a vu grandir pendant 13 ans. C’est sûr que c’est un destin particulier. Son pari, c’était justement de se débarrasser de cette image de garçon de bonne famille et prouver qu’il peut se battre dans la rue, de recevoir des coups et d’en donner aussi.

É.R. : Justin Trudeau a de sérieuses questions à se poser : est-ce qu’il peut diriger, est-ce qu’il peut aspirer aux plus hautes fonctions de l'État? Son choix de prouver à la population qu’il est à la hauteur avec un match de boxe, on peut se poser des questions là-dessus. Je crois que c’est une bonne personne et qu’il est bien intentionné. Maintenant, est-ce qu’il peut diriger un pays? Ça, je ne le sais pas.

Qu’avez-vous appris sur l’homme derrière le politicien?

É.R. : À un moment donné, Justin dit qu’il avait parlé très peu de politique avec son père dans sa vie. Un jour, il lui a demandé des conseils sur la politique. Et ils ont eu la conversation la plus superficielle de leur vie. Son père ne savait pas quoi répondre. C’était surprenant que Justin n’ait jamais parlé de politique avec son père.

G.M.: Son père est une grande influence pour lui, mais il a été élevé presque juste par son père et il était toujours avec lui. Il l’amenait rencontrer des chefs politiques, on a fait beaucoup au Parlement et les gardiens de sécurité le connaissent depuis qu’il était tout petit – c’était comme sa garderie. Alors il a toujours grandi avec des adultes, dans un monde d’adultes à Ottawa. Mais ce qui m’a impressionné, c’est sa confiance que je croyais être de l’inconscience. Il n’a jamais eu de doute qu’il allait gagner.

Cette métaphore du jeune libéral qui affronte la brute conservatrice pourrait-elle se transposer à l’élection fédérale de 2015 à votre avis?

É.R. : C’est sûr que le film est révélateur. Justin Trudeau n’a pas livré sa pensée politique et ce n’est pas parce qu’on n’a pas essayé! Mais il y a quelque chose qui transparait : on peut voir maintenant que ses forces sont clairement sur la table.

Justin affiche une confiance comme très peu d’êtres humains pourraient le faire. Si vous avez vu Justin confiant, là, c’est Justin très confiant qu’on voit dans le film. Et ça aussi, c’est révélateur de sa personne, c’est un portrait de lui. Clairement, ce n’est pas un poids plume dans ses déterminations que ce soit dans la boxe que dans l’atteinte de certains objectifs.

God Save Justin Trudeau sera présenté le 18 novembre à 20h30 au cinéma Excentris, dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, le 19 novembre à 17h au cinéma Cartier de Québec et le 20 novembre à 17h30 à l’amphithéâtre du Cœur des sciences de l’UQAM. À voir également au Canal D le 14 décembre ou en DVD à temps pour les Fêtes.

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