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Jour du Souvenir: les sœurs Mercier marquées à jamais par la guerre

11/11/2014 07:19 EST | Actualisé 11/11/2014 11:58 EST
Radio-Canada

Le jour du Souvenir, qui est célébré partout dans le monde aujourd'hui, est l'occasion d'honorer la mémoire de ceux et celles qui ont donné leur vie dans des conflits armés. C'est ce que font ces jours-ci Maude et Myriam Mercier, dont le père a péri dans une mission de combat en 2007 en Afghanistan.

Plus de sept ans après la tragédie qui les a rendues orphelines de père, les deux jeunes filles de la région de Québec ont accepté de revenir sur les tristes événements qui ont marqué leur vie à jamais et de s'entretenir avec la journaliste Cathy Senay.

Le 22 août 2007, l'adjudant maître Mario Mercier participait à l'une des premières opérations de combat d'importance des militaires de Valcartier dans le sud de l'Afghanistan. Le véhicule blindé dans lequel il se trouvait a explosé sur une mine dissimulée en bordure d'une route. Le militaire du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment est mort dans l'explosion.

Au moment du drame, Maude avait 9 ans tandis que sa sœur Myriam était âgée de 17 ans. Cette dernière, qui venait de commencer le Cégep, raconte qu'à l'époque, le déni a vite pris le dessus.

« Maude était plus jeune, elle n'avait pas la conception de la mort, mais même avec la conception de la mort, moi non plus, je n'y croyais pas [...] Le téléphone sonnait, je pensais que ça pouvait être encore lui. Ç'a été long avant de réaliser que bon, là, c'est vrai », raconte Myriam.

« Je n'étais pas capable de croire ce qui arrivait » — Myriam, la fille de Mario Mercier

Le temps a passé depuis 2007, mais les blessures restent vives. Plus de sept ans après la tragédie, Maude et Myriam regrettent encore terriblement leur père. « À la fin de l'année, je vais avoir mon bal. On peut inviter nos parents. Il y en a qui vont inviter leur père. Moi, ça va être une étape de ma vie où je vais devoir me faire à l'idée qu'il ne sera pas là », raconte Maude.

« À chaque fois qu'on a une nouvelle étape de notre vie, qu'on se rend compte qu'il ne sera pas là, c'est comme si on avait à revivre un petit deuil. Chacune des étapes du deuil, on doit les repasser », dit pour sa part Myriam.

Maude trouve d'ailleurs difficile de constater que d'autres personnes vivront peut-être un deuil comme elle a vécu dans le futur.

« C'est une roue sans fin tout ça [...] Ça me fait un peu de mal de savoir qu'il y a peut-être d'autres gens dans le futur qui vont vivre la même douleur que j'aie vécue puis je trouve ça difficile [...] J'ai souffert et je ne veux pas que d'autres gens souffrent comme ça », dit-elle.

Le défi de regarder vers l'avant

Aujourd'hui, malgré l'absence de leur père, les sœurs Mercier se disent tout de même prêtes à regarder vers l'avant et se concentrer sur leur avenir. À leur manière, Maude et Myriam surmontent les émotions douloureuses.

« Je pense que mon métier m'aide à atténuer cette colère-là », dit Myriam, qui est aujourd'hui infirmière. « Le fait d'être infirmière, de côtoyer des gens qui sont malades, le fait de côtoyer constamment la mort m'aide à voir qu'il y a plein de gens qui vivent des injustices comme ça. Il y a plein de gens qui vivent des difficultés », relativise-t-elle.

« Je suis comme prête [...] à m'ouvrir à ce qu'enfin la vie peut m'offrir. Maintenant, je peux partager mon expérience aux autres », dit quant à elle Maude.

« La vie, c'est fragile. L'idéal [...], c'est que tout le monde le réalise » — Maude, fille de Mario Mercier

Les soeurs Mercier entrevoient le futur avec optimisme. Elles savent que la passion de leur père les guidera dans l'avenir.

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