DIVERTISSEMENT

Premier spectacle d'humour: Valérie Blais saute dans l'arène (ENTREVUE)

10/11/2014 04:55 EST | Actualisé 10/11/2014 04:56 EST
Evenko

Elle en rêvait depuis plus de trois ans. Un «ensemble de facteurs» l’a incitée à se lancer dans l’aventure. Cette semaine, son grand projet se concrétise officiellement. Après des mois de rodage, Valérie Blais présente enfin son one woman show en première médiatique, ce mercredi, au Monument National.

«Ça me dépayse, ça me défrise, ça me shake, énumère la femme de 45 ans pour illustrer ses sentiments devant ce nouveau défi. Je suis prête à le faire parce que j’ai 25 ans d’expérience ailleurs. Cette nouveauté-là est rafraîchissante, et ça me fait beaucoup de bien d’être déstabilisée.»

C’est vrai que de l’expérience, la Rafi de Cornemuse en a accumulé beaucoup dans son baluchon, ces dernières années. Il y a eu Fortier, Le petit monde de Laura Cadieux, Virginie, Tactik, les films L’Empire Bo$$é et La gang des hors-la-loi, la web-série La brigadière, les publicités de Home Dépôt, et du théâtre presque à tous les ans.

Mais ce sont surtout la comédie Tout sur moi, où elle jouait son propre rôle, un tantinet exagéré, auprès de ses amis Éric Bernier et Macha Limonchik, et la pièce Le démon de midi, monologue mis en scène par Dominique Michel dans le cadre du Festival Juste pour rire, en 2004, qui lui ont donné la piqûre, l’envie de s’exprimer sans filtre, sans personnage derrière lequel se cacher, devant public.

Parler des autres

Pour plonger dans l’arène des humoristes en toute confiance, en pleine sécurité, Valérie Blais s’est bâtie une équipe solide, formée de gens qui la connaissent bien mais qui, surtout, la complètent: Josée Fortier à la mise en scène, Marie-Andrée Labbé aux textes et Éric Bernier, son ex-amoureux et ex-mari, meilleur ami et parrain de sa fille, à titre de conseiller.

«Je baigne dans l’humour depuis une dizaine d’années. J’ai donc eu envie de faire l’ultime saut. J’ai fait appel à Josée Fortier il y a trois ans; on a testé un numéro, et ça a bien marché. Entre-temps, une auteure extraordinaire, Marie-Andrée Labbé, est arrivée dans ma vie, et a écrit le spectacle. On a formé un trio. En 2012, j’ai eu ma fille (Romy aura trois ans le 19 janvier prochain), on a interrompu notre travail, puis on l’a repris un peu plus tard. On a signé avec Evenko… Je dirais que tout s’est fait organiquement. Simplement, sans chichi.»

Valérie Blais connaissait Josée Fortier depuis l’enregistrement de l’émission spéciale La petite vie – Noël Story, en 2009. Plusieurs lui ont suggéré de se tourner vers elle afin de bénéficier de son œil expert du punch et du rythme. Ensemble, les deux complices ont construit un à un les segments de la prestation.

«Et Marie-Andrée, c’est elle qui m’a appelée, raconte Valérie. Elle m’a dit qu’elle aimerait écrire pour moi. J’ai regardé ce qu’elle faisait; elle a signé des textes dans Urbania, a écrit la web-série Lourd. Avec Josée, on forme un trio improbable, mais ça marche. Et on est devenus un quatuor quand Éric s’est joint à nous.»

Et de quoi Valérie Blais avait-elle envie de parler dans ce premier exercice comique à son nom? De tout et de rien. Mais surtout de tout.

«La pudeur. Être gros. Être mère sur le tard. Les générations. Le don de soi, le bénévolat. Je me promène entre ce qui nous concerne, moi et les autres. Puisque je suis comédienne, j’ai le sens de l’observation et j’aime les autres. Je considère que, sans les autres êtres humains, on est peu de choses. Donc, je parle des autres, je reviens sur moi, et je reparle des autres....»

Valérie Blais insiste: elle a apporté sa contribution aux textes de son premier one woman show (qui ne porte pas de titre), a injecté un peu d’elle-même dans les gags, mais ceux-ci sont principalement l’œuvre de Marie-Andrée Labbé.

«C’est elle qui est formée pour ça, note la tête d’affiche. Moi, à la base, je suis comédienne. Mais j’ai participé à tous les meetings, on a coupé des portions, j’ai ajouté mes mots à moi… Ça s’est fait en plusieurs couches. Mais l’auteure principale s’appelle Marie-Andrée Labbé.»

Des encouragements de Dodo

Alors qu’il n’y a pas si longtemps, les comédiens pestaient de voir les humoristes décrocher des rôles d’importance dans des films et des téléséries, voila que la vapeur se renverse et que les acteurs investissent à leur tour les salles pour se raconter entre deux blagues. Emmanuel Bilodeau nous a déjà proposé, avec brio, son One Manu Show, et Marcel Leboeuf a aussi annoncé son intention de tenter le genre dans les prochains mois.

Mais, les étiquettes, très peu pour Valérie Blais, qui considère que chaque artiste doit aller là où il en a envie, là où son cœur le mène.

«On fait ce qu’on peut avec ce qu’on est, philosophe-t-elle sagement. Patrick Huard est un très bon humoriste, et c’est un hos… de bon comédien. Yvon Deschamps était un très bon comédien avant d’être un bon humoriste. Il n’y a pas de règles. On fait ce qu’on a à faire et c’est tout. Il faut aller dans ce qui nous sourit, là où on pense qu’on peut faire une bonne job.»

Et la jeune maman a été convaincue qu’elle accomplissait justement une «bonne job» lorsqu’elle a sollicité l’avis de son amie et mentor, Dominique Michel, sur son matériel, et que celle-ci lui a donné son assentiment.

«Je suis allée la voir en Floride et je lui ai joué des petits bouts de numéros, relate Valérie, sourire aux lèvres. Elle riait. Je me suis alors dit : «OK, je suis en business!» Dominique est quelqu’un que j’aime et que j’estime énormément. C’est l’une des chances de mon métier, de pouvoir côtoyer de près des gens exceptionnels. Je me trouve chanceuse. Josée Fortier aussi est exceptionnelle, et Marie-Andrée Labbé aussi…»

Après son passage au Monument National, les 11 et 12 novembre (elle s’y produira à nouveau le 24 janvier 2015), Valérie Blais s’arrêtera dans plusieurs coins du Québec pour s’amuser avec les spectateurs. Consultez le www.evenko.ca pour connaître toutes les dates. Elle est aussi de la distribution du film La passion d’Augustine, de Léa Pool, qui sortira au cinéma dans la prochaine année.

Un mot d’Éric Bernier

«Une relation frère-sœur, presque incestueuse». Ce sont les mots d’Éric Bernier pour décrire le lien qui l’unit à Valérie Blais depuis plus de 25 ans. D’abord amoureux, puis mariés et divorcés, les deux complices ne se sont jamais trop éloignés l’un de l’autre depuis leur première rencontre.

«On s’appelle à tous les jours, on est très, très liés, note l’acteur. Je sais qu’elle sera là toute ma vie, et c’est la même chose pour elle. Et je suis le parrain de sa petite fille.»

Rien de surprenant, donc, à l’effet qu’Éric ait été invité par Josée Fortier et Valérie elle-même à poser son œil de conseiller pendant le développement du one woman show. L’homme n’a pas touché aux textes, il a laissé ce mandat à Marie-Andrée Labbé («Elle est exceptionnellement talentueuse et elle comprend complètement Valérie», juge-t-il), mais a guidé la mise en scène au fil des représentations de rodage en plaçant des éléments, en conseillant la performance de Valérie, en éliminant certains trucs, toujours de concert avec Josée Fortier.

«Je connais bien Valérie, je connais ses forces et ses faiblesses, avance le mec du trio de Tout sur moi. Ça m’enchante de voir Valérie entrer dans ce monde un peu macho et compétitif, très masculin, qu’est l’humour. Elle a le tempérament pour accoter.»

«À un moment donné, quand tu as été interprète pendant 25 ans, pour d’autres auteurs et metteurs en scène, c’est une suite logique d’avoir envie de dire ce que nous, on a à dire. C’est un processus normal. Je comprends tout à fait Valérie», conclut Éric Bernier.

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