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Deux Palestiniens poignardent des Israéliens à Tel-Aviv et en Cisjordanie

10/11/2014 10:36 EST | Actualisé 10/11/2014 10:36 EST
Aquir via Getty Images

Deux Palestiniens ont tué lundi à coups de couteau une jeune colon israélienne et un soldat au cours de deux attaques qui accentuent encore le cycle des violences dans les Territoires palestiniens et en Israël.

L'un des Palestiniens a été abattu, l'autre arrêté.

Une vidéo de l'attaque meurtrière montre un chauffeur lançant de toute évidence délibérément sa voiture sur un arrêt de bus près du bloc de colonies de Goush Etzion, au sud de Jérusalem, en Cisjordanie occupée.

Echouant dans sa tentative, l'auteur, un Palestinien, descend de sa voiture, puis poursuit ses victimes à pied.

Selon la police, il a poignardé trois colons, tuant une femme de 25 ans et blessant deux hommes de 26 et 50 ans. Un garde de la colonie l'a mortellement atteint par balles.

L'assaillant a été identifié par des sources de sécurité palestiniennes comme étant Maher Hamdi al-Hashlamon. Le Jihad islamique l'a présenté dans un communiqué comme l'un de ses membres et a salué son acte comme "la réponse du peuple palestinien à l'exécution du martyr Kheir Hamdane", un Arabe israélien tué samedi par les policiers dans le nord d'Israël.

- 'Une guerre' -

"Une guerre est en train de se passer ici", a déclaré sur la chaîne de télévision Channel 2 Avi Roeh, président de Yesha, principale organisation de colons de Cisjordanie.

La poursuite par Israël de la colonisation est l'une des causes des vives tensions avec les Palestiniens.

C'est près de Goush Etzion que trois adolescents, étudiants d'écoles religieuses de colonies juives, avaient été enlevés par des Palestiniens en juin et tués, marquant le début d'une escalade culminant avec la guerre dans la bande de Gaza cet été.

Quelques heures plus tôt lundi, un Palestinien de 17 ans a poignardé un soldat israélien près d'une gare ferroviaire de Tel-Aviv. Le Palestinien a été arrêté dans un immeuble après une courte course poursuite.

Originaire d'un camp de réfugiés de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, il était entré illégalement en Israël, selon la police.

Tel-Aviv avait été épargnée jusqu'alors par les violences qui secouent depuis l'été Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, et la Cisjordanie.

Jérusalem a été le théâtre depuis fin octobre de deux attaques à la voiture bélier qui ont fait quatre morts. Les deux auteurs palestiniens ont été abattus par des policiers. En tout, les violences ont fait dix morts à Jérusalem depuis juillet.

La Ville sainte est désormais plongée dans un cycle de violences quotidiennes entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens déployés en masse.

- 'Des jours difficiles' -

Les tensions se sont propagées aux villes arabes d'Israël après qu'un jeune qui s'opposait à l'arrestation d'un de ses proches eut été abattu samedi par la police. Son village, Kafr Kanna, épicentre des troubles, a de nouveau été secoué lundi par des affrontements entre Arabes israéliens et policiers. Des heurts ont également été rapportés dans d'autres localités arabes du nord mais aussi du sud.

Des images vidéo de la mort de Kheir Hamdane, 22 ans, mettent à mal la version des policiers selon lesquels il représentait un danger. Elles montrent qu'il a été abattu, semble-t-il sans sommation, de plusieurs balles tirées dans le dos. Les policiers le chargent ensuite sans ménagement dans leur véhicule.

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovich, a de nouveau défendu les policiers. "J'accorde mon soutien total aux policiers qui ont agi pour se défendre et faire échec à une menace", a-t-il dit sur la radio militaire.

Les Arabes israéliens, de même que les Palestiniens, dénoncent eux une "exécution de sang-froid" et disent nourrir peu d'espoir dans l'enquête ouverte par le ministère israélien de la Justice.

Les Arabes Israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre lors de la création d'Israël en 1948, s'estiment de longue date victimes de discrimination de la part d'Israël alors qu'ils représentent 20% de la population.

"Nous traversons des jours difficiles", a dit le président israélien Reuven Rivlin, "une période qui exige de nous force et unité face aux terroristes qui estiment que Jérusalem est illégale, que Tel-Aviv est illégale, que le Goush Etsion est illégal".