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La luminothérapie d'«Henri Henri»: Le point de vue de Victor Andrés Trelles Turgeon (ENTREVUE/ PHOTOS)

10/11/2014 09:33 EST | Actualisé 10/11/2014 09:41 EST
Les Films Séville

Pour son premier long métrage Henri Henri, le réalisateur Michel Talbot pose sa caméra sur un jeune candide qui croit qu’en allumant des luminaires, il apportera du bonheur à ses voisins.

Et si le pauvre garçon n’était pas l’idiot que l’on croit, mais seulement un homme habité par l’espoir? Joué par Victor Andrés Trelles Turgeon (Le torrent), l’acteur nous explique sa profonde relation avec son personnage lumineux qui doit se débrouiller tout seul dans la vie étant victime du rejet et des moqueries des autres.

«Il me ressemble, lance Trelles Turgeon, en entrevue pour le Huffington Post Québec. Dans ma vie je suis un peu comme lui, naïf et innocent.»

La déclaration est étonnante. L’acteur n’a pas cette image d’un homme simplet. «Mais il n’est pas simplet!, se défend Trelles Turgeon. Il fait confiance aux gens, peut-être un peu trop, pourtant il se refuse à penser que les autres peuvent lui faire du mal.»

Un trait de caractère plutôt attachant qui a convaincu Trelles Turgeon de vouloir incarner ce mystérieux Henri. «Quand j’ai lu le scénario, je me suis tout de suite pris d’affection pour sa candeur. Interpréter ce genre de personnage était tout à fait nouveau pour moi. Je n’avais jamais fait cela avant.»

Un être contrasté

Malgré les points communs qu’il partage avec Henri, le comédien avoue avoir travaillé très fort pour trouver le fragile équilibre que nécessite un tel rôle. «Je ne voulais pas tomber dans la caricature, raconte-t-il. Je devais trouver un équilibre entre sa façon de voir le monde et l’environnement toxique qui l’entoure. Pour y parvenir, je suis allé fouiller dans ses failles afin de révéler son humanité.»

Car même s’il voit les choses toujours du bon côté, l’orphelin porte en lui des blessures profondes liées à un passé difficile. «Il se venge en donnant du bonheur. Je trouve cela formidable. C’est un être qui ne lâche jamais prise. Sa force, il la trouve dans l’espoir.»

Le cinéma s’amuse parfois à aimer les anti-héros, ceux qui ne sont pas forcément dotés de pouvoirs extraordinaires comme Forrest Gump, sorte de demi-frère de Henri. Sans oublier Amélie Poulain dont l’univers et l’esthétique ressemblent à ce que l’on retrouve dans le film de Michel Talbot, connu pour la télésérie Les Parent.

«Il y a des similitudes, mais je n’ai jamais essayé de copier. Mon inspiration, je l’ai trouvée ailleurs, dans mon quotidien. Le film n’est pas une critique ni une tentative de recréer l’histoire. Il n’y a pas non plus de quête de bonheur. L’œuvre est surtout une fable sur l’espoir.»

Trelles Turgeon pense d’ailleurs que l’espérance est le meilleur terme pour qualifier le long métrage. «Le film n’a rien de prétentieux. Il ne donne pas des leçons de morale. Le monde autour de nous n’est pas toujours généreux. Je crois que le pire, c’est de perdre l’espoir et Henri représente cette idée qu’il faut toujours garder la tête haute.»

Henri Henri – Les Films Séville – Science-fiction – 100 minutes – Avec Victor Andrés Trelles Turgeon, Sophie Desmarais, Marcel Sabourin, Michel Perron – Sortie en salles le 7 novembre 2014 – Canada/Québec.

Henri Henri