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Le SPVM dépose un grief de près de 13 M $ contre la Fraternité des policiers

10/11/2014 11:24 EST | Actualisé 10/01/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - La direction du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a déposé un grief dans lequel elle réclame 12,85 millions $ à la Fraternité des policiers et à ses membres pour un manque à gagner qu'elle impute à une diminution du nombre de contraventions émises depuis le 17 juin dernier.

De plus, le SPVM demande à la Commission des relations de travail d'émettre une ordonnance enjoignant les policiers de faire leur travail selon les normes.

Or, en septembre dernier, une entente était intervenue en ce sens entre la direction du SPVM et le syndicat, entente dans laquelle la partie patronale reconnaissait qu'il n'y avait pas eu d'action concertée du syndicat pour réduire le nombre de contraventions émises.

«Nous sommes surpris parce que, lors des audiences qu'on avait eues devant la Commission des relations de travail il y a quelques semaines, la Ville et le service de police avaient reconnu qu'il n'y avait pas de mot d'ordre de la Fraternité», a indiqué lundi le président de la Fraternité, Yves Francoeur, en entrevue avec La Presse Canadienne.

«J'avoue qu'ils sont difficiles à suivre...», a-t-il laissé tomber.

M. Francoeur accepte mal ces nouvelles démarches, d'autant plus que le bilan routier s'est amélioré comme le démontrent les statistiques à cet effet, qui font était d'une diminution de 30 à 35 pour cent des collisions durant la même période.

«On ne comprend pas, a dit le président du syndicat. On nous a toujours dit que les contraventions devaient avoir un lien direct avec la sécurité des usagers de la route et là, la Ville vient prouver notre thèse à l'effet que la sécurité routière, pour eux, c'est seulement une question de revenus et nous, nous ne sommes pas des percepteurs de taxes.»

Le président de la Fraternité fait valoir que l'abondance de travaux routiers a obligé l'affectation de nombreux patrouilleurs à la circulation.

«Il y a des coins de rue où on a trois et quatre policiers pour contrôler la circulation à cause des chantiers routiers. C'est sûr que les policiers qui sont là ne sont pas sur la route pour donner des contraventions. Donner des excès de vitesse en ville, c'est assez difficile: il y a des chantiers partout», fait-il valoir.

Il admet toutefois du même souffle que ses membres sont démotivés par le climat de travail actuel et ne sont pas enclins à faire de l'excès de zèle.

«Il ne faut pas se cacher que le moral des troupes est à son plus bas. Le climat de travail n'est pas constructif», a dit le leader syndical.

Il précise toutefois que de nombreuses mises en garde ont été faites aux membres, leur rappelant qu'ils pourraient être tenus responsables d'une baisse concertée et volontaire du nombre de contraventions émises.

La direction du service soutient malgré tout dans son grief que le syndicat a entrepris une action illégale et réclame à la Fraternité et à ses membres le remboursement de tous les dommages subis en matière financière depuis le 17 juin.

La requête devant la Commission des relations de travail devrait être entendue assez rapidement. Le grief, lui, ne devrait pas être traité avant 2015 puisqu'il n'y a pas encore d'arbitre désigné et même lorsqu'il le sera, le dossier ne s'arrêtera pas là s'il n'en tient qu'à la Fraternité.

«Si la Ville persévère dans ses procédures, c'est sûr qu'on va aller à la Cour supérieure, à la Cour d'appel et la Cour suprême, ce qui fait qu'on n'est pas sortis de l'auberge», a affirmé Yves Francoeur.

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