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GM était au courant de la défectuosité des commutateurs dès décembre 2013

10/11/2014 05:18 EST | Actualisé 10/01/2015 05:12 EST

DÉTROIT - General Motors a commandé un demi-million de commutateurs d'allumage près de deux mois avant d'avertir le gouvernement américain du rappel de ses petits véhicules à cause d'une défectuosité dans cette pièce, indiquent des documents électroniques remis à un tribunal.

Les courriels, rendus publics lundi par le procureur du Texas, Robert Hilliard, soulèvent de nouveau des doutes sur le comportement de GM dans ce dossier. Le constructeur automobile était-il au courant de la défectuosité? Si oui, quand l'a-t-il su? Ils permettent de s'interroger sur la franchise de l'entreprise lors de son témoignage devant le Congrès et lors d'une enquête interne menée par l'ancien procureur fédéral Anton Valukas.

Des messages électroniques entre des travailleurs de GM et le fournisseur Delphi semblent indiquer que GM savait dès le 18 décembre 2013 que les commutateurs pouvaient empêcher le déploiement des sacs gonflables sur certains modèles comme la Chevrolet Cobalt et que ce problème pourrait nécessiter un rappel des véhicules.

Dans son rapport, M. Valukas, qui ne faisait pas mention de la commande, indique que la direction de GM n'a pas décidé du rappel avant janvier 2014 et en a averti le gouvernement le 7 février. La chef de la direction de l'entreprise, Mary Barra, n'a pas parlé de cette commande lorsqu'elle a témoigné devant le Congrès, en avril.

Les courriels parlent d'un problème «urgent». Dans certains cas, on peut même y lire les mots «problème de sécurité».

La direction de GM a affirmé qu'il était normal d'ordonner des pièces avant décider d'effectuer un rappel.

Le problème de commutateur pouvait aussi désactiver les freins et la direction assistée, entraînant des pertes de contrôle du véhicule. Il aurait causé la mort d'au moins 32 personnes. GM a dû rappeler 2,6 millions de véhicules.

Selon M. Hilliard, au moins une vie et 85 blessures auraient pu être évitées si GM avait averti ses clients de l'existence du problème dès décembre.

Au cours de son témoignage, Mme Barra avait affirmé qu'on l'avait mise au courant du problème à la fin de décembre et du rappel le 31 janvier. Un porte-parole de l'entreprise, Alan Adler, a indiqué que GM ne se désolidarisait pas des propos de sa chef de direction.

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