POLITIQUE

Stephen Harper affirme avoir soulevé les dossiers des droits de la personne lors d'un entretien avec Xi Jinping

09/11/2014 06:24 EST | Actualisé 09/01/2015 05:12 EST
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BEIJING, CHINA - NOVEMBER 08: Canada's Prime Minister Stephen Harper stands in front of Chinese and Canadian national flags as he witnesses a signing ceremony with China's Premier Li Keqiang (not pictured) at the Great Hall of the People on November 8, 2014 in Beijing, China. The Canadian prime minister is on a four-day visit aiming to build closer economic ties with Canadas No. 2 trading partner. (Photo by Petar Kujundzic - Pool/Getty Images)

PÉKIN, Chine - Le premier ministre Stephen Harper affirme avoir soulevé différentes inquiétudes lors de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping, dimanche à Pékin, ajoutant que les liens qu'il construit avec la Chine doivent absolument bénéficier au Canada.

Huit ans après avoir promis de ne pas vendre «le puissant dollar» en Chine, M. Harper assure qu'il a abordé les questions délicates «des affaires consulaires, des droits humains, de la gouvernance, des droits des minorités», en plus des contrats commerciaux d'une valeur de 2,5 milliards $ et de l'entente sur l'échange des devises qu'il a conlus samedi.

«Ce sont des questions que nous continuerons de suivre de près et sur lesquels nous poursuivrons le dialogue», a-t-il ajouté en conférence de presse après sa rencontre avec le président chinois.

Le cas du couple Kevin et Julia Garratt est en tête de liste de ces questions, a-t-il précisé.

«Ce cas particulier est une inquiétude importante pour nous, pour les Canadiens, c'est pourquoi j'en ai parlé. J'ajouterais que le gouvernement de la Chine nous a accordé l'accès consulaire régulier, donc c'est c'est au moins un positif sur cela.»

Kevin et Julia Garratt ont vécu et travaillé en Chine durant 30 ans. Ils opéraient un café lorsqu'ils ont été arrêtés en août dernier, soupçonnés d'espionnage. Ils sont détenus depuis, mais aucune accusation n'a été déposée contre eux. Ces arrestations sont survenues quelques jours après que le Canada eut accusé la Chine d'espionner les agences fédérales.

Samedi, le premier ministre n'avait pas abordé ces questions durant ses rencontres. Le fils du couple, Simeon, qui a profité de la visite officielle de M. Harper pour se rendre en Chine, fondait beaucoup d'espoir sur le premier ministre pour faire libérer ses parents. Dimanche, Simeon a affirmé craindre que le gouvernement canadien ne mettait pas assez de pression sur les Chinois. Plus tard dans la journée, il a dit que ces craintes avaient été apaisées après avoir discuté avec les autorités de l'ambassade.

«(M. Harper et moi) sommes très heureux du leadership dont le gouvernement (canadien) fait preuve dans le dossier de mes parents», a-t-il dit.

M. Harper et certains de ses plus proches ministres, dont le ministre de Commerce international, Ed Fast, des Affaires étrangères, John Baird, et de l'Industrie, James Moore, ont reçu un accueil spectaculaire au Palais de l'Assemblée du Peuple, ce week-end.

Malgré cette apparente convivialité, le premier ministre a admis que les relations sino-canadiennes ont parfois été tendues ces dernières années, en particulier après sa remarque de 2006 sur le «puissant dollar», qui avait étonné la communauté canadienne des affaires alors qu'elle tentait d'infiltrer l'économie chinoise en pleine expansion. Dimanche, M. Harper a rappelé qu'il n'y avait pas que l'économie qui guidait les relations étrangères avec la Chine ou tout autre pays, mais aussi les valeurs canadiennes et la sécurité du pays.

Stephen Harper, qui en était à sa troisième visite officielle en Chine, se dit par ailleurs très satisfait de sa mission, à laquelle participaient plusieurs ministres et gens d’affaires canadiens.