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Québec lance un nouveau processus de consultation pour sa politique énergétique

07/11/2014 12:16 EST | Actualisé 07/01/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - Québec relance le processus de consultation et d'information en vue de préparer la nouvelle politique énergétique qui doit être présentée en décembre 2015.

Malgré le dépôt, en février dernier du rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques, qui avait reçu pas moins de 460 mémoires, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, estime qu'il est nécessaire de prolonger la discussion.

«Il nous apparaît que cette réflexion doit être poursuivie parce qu'il y a une évolution constante qui se fait dans le secteur et que le Québec fait partie maintenant d'un ensemble nord-américain», a soutenu le ministre Arcand vendredi à Montréal, alors qu'il rencontrait le Conseil patronal de l'environnement du Québec.

Ses propos laissent toutefois entendre que son gouvernement cherche surtout à aplanir les différends qui ne cessent de faire surface autour de la question énergétique.

«Ce qui nous manque, actuellement, c'est probablement un meilleur consensus sur ce que doivent être les priorités du Québec», a-t-il déclaré.

M. Arcand a présenté une démarche qui prévoit la diffusion d'ici avril 2015 de quatre documents de réflexion, la mise en place de trois tables d'experts devant se pencher sur différents thèmes et des consultations destinées aux communautés autochtones et au grand public.

Les quatre documents de réflexion toucheront, respectivement, le cadre de réflexion, l'efficacité et l'innovation énergétiques, les énergies renouvelables et les hydrocarbures fossiles.

Le ministre Arcand a expliqué, par exemple, que le Québec est à l'heure des choix face au pétrole et qu'il faut régler les dossiers les plus controversés.

«On veut avoir moins de pétrole au Québec au cours des prochaines années, mais la question est de savoir: est-ce qu'on poursuit l'exploration du pétrole québécois? Qu'est-ce qu'on fait avec le projet Énergie Est?», s'est-il demandé.

Selon lui, ces questions deviennent plus urgentes dans un contexte international où le Québec ne tire pas avantage de son potentiel.

«Nous avons la chance d'avoir accès à toutes les sources d'énergie dont nous avons besoin et quand on voit actuellement l'instabilité du monde, l'instabilité chez plusieurs pays producteurs de pétrole, les conflits, nous avons tout intérêt à nous parler davantage pour assurer notre sécurité énergétique.»

Le ministre a également précisé que le gouvernement est prêt à revoir le modèle d'affaires de l'énergie éolienne, actuellement exploitée par le secteur privé duquel Hydro-Québec a l'obligation d'acheter la production malgré son coût beaucoup plus élevé et ce, même si la société d'État a des surplus d'énergie.

«Ce qui est remis en question et discuté, c'est la façon dont l'énergie éolienne a été traitée. On pense que l'énergie éolienne peut se poursuivre au Québec, mais avec un modèle d'affaires qui est plus compétitif», a précisé M. Arcand.

Celui-ci en a profité, au passage, pour affirmer que le Québec n'avait aucune intention de laisser le pouvoir décisionnel sur les questions énergétiques lui échapper.

«L'énergie, c'est une compétence québécoise, a-t-il rappelé. Nous allons la protéger, mais dans ce domaine, affirmer sa compétence c'est aussi avoir l'intelligence de travailler avec les autres pour notre propre sécurité et pour aborder ensemble des défis communs.»

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