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Le CUSM pourrait accueillir ses premiers patients en avril 2015, annonce Barrette

07/11/2014 09:31 EST | Actualisé 07/01/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - C'est sur fond de discorde — et avec près d'un mois de retard — que SNC-Lavalin a finalement livré le controversé projet du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), où les premiers patients pourraient arriver dès le mois d'avril.

Après une courte visite des installations, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a annoncé vendredi que le site Glen du nouvel hôpital universitaire de 1,3 milliard $ construit en partenariat public-privé (PPP) avait obtenu son certificat de réception provisoire.

Certains différends restent toutefois à régler, puisque la firme d'ingénierie montréalaise demande 180 millions $ de plus pour des travaux, qui, selon elle, n'étaient pas prévus dans le contrat initial.

«On ne peut pas empêcher un constructeur de dire qu'il y a un différend, a affirmé le directeur général du CUSM, Normand Rinfret, qui accompagnait le ministre. Nous avons notre perception de la réalité. On a un chiffre qui est beaucoup plus bas.»

Questionné par les journalistes, ce dernier n'a toutefois pas voulu dévoiler les estimations du CUSM concernant de possibles coûts additionnels.

«On parle d'un projet de 1,3 milliard, a dit M. Rinfret. C'est normal qu'il y ait des écarts.»

Selon M. Barrette, il s'agit d'un différend «minimal» qui devrait être réglé d'ici le mois de juin, puisque le contrat du PPP prévoit la mise sur pied d'un «mécanisme» afin que les deux parties puissent s'entendre.

Il a toutefois réitéré à plusieurs reprises que le gouvernement du Québec n'avait pas l'intention de payer pour des sommes supplémentaires n'ayant pas été «justifiées».

«Ce qui n'est pas justifié, on ira jusqu'au bout, a dit M. Barrette, en mêlée de presse. On prendra toutes les mesures nécessaires pour ne pas avoir à le faire. Normalement, des gens de bonne foi et raisonnables devraient s'entendre.»

Le site Glen doit abriter 500 des 832 lits du nouveau CUSM. D'une superficie de 250 500 mètres carrés il réunira en un même lieu l'Hôpital Royal Victoria, l'Hôpital de Montréal pour enfants, l'Institut thoracique de Montréal, le Centre du cancer et l'Institut de recherche du CUSM.

Au total, quelque 8500 personnes devraient travailler dans le nouvel hôpital universitaire.

Pour le ministre de la Santé, cet hôpital «au niveau de 2014» permettra d'offrir des soins «dans la qualité et la sécurité maximale».

«C'est un environnement qu'on ne retrouve pas dans nos hôpitaux, qui, majoritairement, ont été construits dans les années 1950 et 1960», a-t-il analysé.

SNC-Lavalin discrète

De nombreuses allégations de malversation ont entaché la construction du CUSM.

Plusieurs hauts dirigeants de SNC-Lavalin ont notamment été arrêtés en lien avec des allégations concernant le versement de pots-de-vin de plus de 22 millions $ afin d'obtenir le contrat de construction.

Présent lors de la visite du site Glen, le président et chef de la firme d'ingénierie, Robert Card, a refusé de commenter ces allégations, se contentant de rappeler qu'il était confiant de voir le différend avec le CUSM se régler rapidement.

«Les contribuables devraient être heureux du prix qu'ils ont eu pour cet hôpital, a-t-il dit. Ils ne pourraient jamais se procurer un hôpital comme celui-ci au même prix aujourd'hui.»

Au lendemain de l'annonce d'une restructuration qui se traduira par la suppression de 4000 emplois à travers le monde, M. Card a également refusé de commenter les informations de la CBC à l'effet que SNC-Lavalin aurait eu des discussions avec la Gendarmerie royale du Canada concernant des scandales de corruption au pays, en Libye et au Bangladesh.

«Nous avons de bonnes relations avec nos partenaires dans nos discussions, s'est-il limité à dire. Nous planifions d'aider les Québécois sur le long terme.»

Jusqu'ici, aucune accusation n'a été déposée à l'endroit de la société montréalaise en lien avec des scandales de corruption.

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