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La caresse de la comète Siding Spring a changé l'atmosphère de Mars

07/11/2014 07:50 EST | Actualisé 07/11/2014 07:54 EST
ASSOCIATED PRESS
This handout artist's concept provided by NASA/JPL shows the Comet Siding Spring approaching Mars, shown with NASA’s orbiters preparing to make science observations of this unique encounter. A pristine distant comet created a once-in-eight-million-year fireworks show on Mars and no humans were there to witness it. But new NASA data from satellites circling Mars released Friday shows that on Oct. 19 when Comet Siding Spring skimmed the red planet, tons of comet dust bombarded the Martian sky with thousands of fireballs an hour. It warped the Martian atmosphere leaving all sorts of metals and an eerie yellow afterglow. (AP Photo/NASA/JPL)

La comète qui a frôlé Mars en octobre a illuminé le ciel «d'étoiles filantes» et changé la composition chimique de l'atmosphère de la planète rouge, a révélé la NASA vendredi.

La comète Siding Spring est passée à un peu moins de 136 000 kilomètres de Mars le 19 octobre.

Les «yeux» de tout ce que la NASA et l'agence spatiale européenne avaient à disposition pour observer ce phénomène, étaient braqué sur le corps céleste venu des confins du système solaire.

«Nous pensons que ce type d'événement se produit une fois tous les 8 millions d'années», a déclaré Jim Green, directeur de la division science planétaire de l'agence spatiale américaine.

En passant, la queue de la comète a déversé des milliers de kilogrammes de poussières dans l'atmosphère martienne, bien plus qu'initialement prévu.

La poussière de la comète a bombardé la couche supérieure de l'atmosphère clairsemée de Mars et «en a littéralement changé la composition chimique», a expliqué M. Greene.

Ce phénomène a ainsi été observé pour la première fois avec ce degré d'intensité, a souligné M. Green, alors que des analyses en cours doivent montrer si les modifications sont temporaires ou ont un caractère plus permanent.

Les instruments de mesure ont détecté notamment des ions de fer, de magnésium et de sodium, autant d'éléments mesurés pour la première fois sur une comète originaire du nuage d'Oort, qui se situe dans la lointaine banlieue de notre système solaire.

Si des humains avaient été sur Mars pour observer le phénomène ils auraient vu un intense halo jaune dans le ciel et «il y a avait sans doute des milliers d'étoiles filantes par heure», s'est extasié Nick Schneider, un scientifique de l'université de Boulder en charge d'un instrument du satellite MAVEN, qui est en orbite autour de Mars.

Les chercheurs se sont également félicités d'avoir mis à l'abri derrière la planète, les trois satellites artificiels qui l'observent en permanence.

«Il me paraît assez évident qu'ils n'auraient pas survécu quant on voit la violente réaction de l'atmosphère à la queue de la comète».

Comètes: des corps "chevelus" de mieux en mieux compris

Les comètes ont longtemps fait peur: on les pensait annonciatrices de catastrophes (éruptions volcaniques, épidémies, guerres, famines). Mais elles suscitent désormais un véritable engouement populaire à mesure que les sondes spatiales leur donnent un visage.

Le mot comète vient du grec Komê qui signifie chevelure.

Une comète est un petit corps du système solaire constitué d'un noyau fait de glace, de matériaux organiques et de roches, et entouré de poussières et de gaz. On dit souvent que la comète ressemble à une "boule de neige sale".

Sa trajectoire souvent fortement elliptique passe périodiquement à proximité du Soleil, comme c'est le cas de Tchourioumov-Guérassimenko actuellement.

Lorsque la comète approche de l'astre, les glaces se transforment en gaz et les molécules gazeuses s'échappent du noyau sous forme de jets, explique à l'AFP l'astrophysicien Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au CNES (Centre national d'études spatiales), l'agence spatiale française.

Ces jets puissants entraînent des grains de poussières conduisant à la formation d'un nuage de poussières et de gaz (la fameuse "chevelure" ou "coma").

Les molécules sont ensuite cassées et ionisées et sont alors entraînées par le vent solaire produisant une traînée lumineuse, la "queue d'ions".

"La pression de radiation induite par les photons du Soleil, pousse les petits grains de poussière, produisant une deuxième queue constituée de poussières", poursuit M. Rocard.

Les comètes captivent les scientifiques parce qu'ils pensent qu'elles ont pu apporter de l'eau et des molécules carbonées sur la Terre, contribuant ainsi à l'apparition de la vie sur la planète bleue.

En 1986, six sondes spatiales ont survolé la célèbre comète de Halley. La sonde européenne Giotto a révélé que sa surface était plus noire que le charbon.

Depuis, d'autres comètes ont été survolées et "cartographiées": Borrely (2001), Wild 2 (2004), Tempel 1 (2005 et 2011) et enfin Hartley 2 (2010).

La comète 67P Tchourioumov-Guérassimenko est la sixième à livrer une partie de ses secrets.

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