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Chine: Harper parle de commerce avec un homme soupçonné de gestes antichrétiens

07/11/2014 07:53 EST | Actualisé 07/01/2015 05:12 EST

HANGZHOU, Chine - Le premier ministre Stephen Harper a discuté de commerce, vendredi, avec un homme accusé d'avoir ordonné la démolition de plusieurs églises catholiques dans sa province.

Le secrétaire du Parti communiste de la province de Zhejiang Xia Baolong aurait fait détruire des centaines de croix et d'églises au cours des derniers mois, selon des chrétiens de la région.

Le premier ministre canadien a rencontré M. Xia dans un bâtiment réservé aux invités d'État, où ils ont évoqué le resserrement des liens commerciaux entre les deux pays.

M. Harper a abordé avec le politicien chinois le sujet de la liberté de religion, a indiqué un de ses porte-parole, qui n'a toutefois pas précisé s'il avait discuté de la situation des églises.

À Zhejiang, en août, des policiers ont enlevé la croix d'une église, disant qu'elle ne respectait pas les restrictions de hauteur, ce que les membres de la congrégation ont nié. Plus tôt cette année, les autorités de la province avaient décrété la démolition de 100 édifices religieux, en raison de violations présumées de règles de zonage.

En avril, l'église majestueuse Sanjiang à Wenzhou avait été rasée. Des fidèles ont dû affronter près de 4000 policiers, à Taizhou, qui ont enlevé deux croix sur une église. Selon le New York Times, 40 personnes ont été arrêtées.

«Même si c'est une construction illégale, elle aurait dû être retirée par des autorités municipales, pas par la police», a regretté la croyante, Xiao Dihua.

Une autre chrétienne a dit avoir de la difficulté à prier sans la croix.

«Sans une croix, c'est très difficile de faire face à Dieu (...) Comment peut-on avoir une église sans croix? Nous avons une croix dans notre coeur», a confié Zhu.

En Chine, le christianisme est une des religions qui augmente le plus son nombre de fidèles. Ils sont désormais près de 100 millions au pays, par rapport aux plus de 86 millions de membres du Parti communiste.

Le gouvernement conservateur a souvent critiqué la Chine pour le traitement réservé aux chrétiens.

Le bureau du premier ministre a d'ailleurs fait valoir que M. Harper allait parler des droits de la personne en Chine lorsqu'il rencontrera le président, à Pékin, en fin de semaine.

La dernière visite de Stephen Harper en Chine avait été plus tendue, alors qu'il avait auparavant accusé le gouvernement chinois de cyberespionnage. La Chine avait répondu en arrêtant deux Canadiens soupçonnés d'espionnage.

Certains membres du cabinet conservateur, comme Jason Kenney, doutent qu'il faille renforcer les liens économiques avec la Chine, notamment en raison de son bilan sur les droits de la personne.

L'expansion de la classe moyenne chinoise a toutefois amené les entreprises canadiennes à vouloir se rapprocher du pays.

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