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L'Allemagne célèbre dans la joie les 25 ans de la chute du Mur de Berlin

07/11/2014 09:13 EST | Actualisé 09/11/2014 01:33 EST
Anadolu Agency via Getty Images
BERLIN, GERMANY - NOVEMBER 09: People gather along the 15 kilometers line enlightened balloons filled with helium gas during the event named 'Lichtgrenze (Light wall)' as part of celebrations for the 25th anniversary of the fall of the Berlin Wall in Berlin, Germany on November 09, 2014. (Photo by Mehmet Kaman/Anadolu Agency/Getty Images)

"Le Mur est tombé et je me suis réjouie que des gens soient de nouveau libres" : comme Gisela Klopf, 89 ans, des dizaines de milliers d'Allemands échangeaient leurs souvenirs d'une nuit "merveilleuse", dimanche à l'occasion des 25 ans de l'ouverture du Mur de Berlin.

Dimanche après-midi, porte de Brandebourg, au coeur de Berlin. Ciel gris, froid piquant. Les festivités battent leur plein, plusieurs dizaines de milliers de personnes, Allemands et étrangers confondus, écoutent les artistes se succéder sur les deux scènes disposées de part et d'autres de l'édifice, symbole de la capitale allemande réunifiée.

Un peu en retrait, Gisela Klopf, lunettes bleutées et casquette noire "à la gavroche" et son époux, Heinz, 84 ans, observent cette agitation. Contrairement à beaucoup d'autres Berlinois, le soir du 9 novembre 1989, le couple, qui résidait à l'époque dans l'ouest de la ville, n'était pas devant la porte pour fêter la Chute du Mur.

Ce soir-là, ils étaient aux 65 ans de mariage des parents de Gisela, expliquent-ils à l'AFP. "Dans la salle où se tenait la fête, il n'y avait pas de radio", raconte Gisela, et ce n'est que le lendemain qu'ils ont appris la chute du Mur, "par la radio et les amis".

"Nous nous sommes doublement réjouis", confie Gisela. "Je suis née à Berlin, j'ai vécu la guerre et l'après-guerre, puis toute la période du Mur. Sa chute a été une expérience particulière, et je me suis réjouie que des gens soient de nouveau libres".

Représentant du gouvernement français pour ce 25e anniversaire, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl était à Berlin-Ouest, où il a grandi, le 9 novembre 1989. L'enfant d'un couple mixte franco-allemand avait 12 ans.

"Je me souviens de journées de liesse de joie, de fraternisation incroyables et d'un espoir fou né à ce moment-là dans le monde entier : la fin du Mur, la fin de la Guerre froide, la fin du rideau de fer, la fin du XXe siècle", explique M. Fekl, qui raconte être allé les jours suivants avec des amis "taper sur le Mur avec nos petites pioches".

Pour Uschi, 50 ans, et Gunnar Schultz, 65 ans, le souvenir du 9 novembre est également très vif. "Nous habitions Berlin-Ouest. Nous sommes restés devant la Porte de Brandebourg toute la nuit", confie la quinquagénaire. "C'était évidemment merveilleux mais en même temps, étrange : la police était très hésitante, c'est un miracle qu'aucun coup de feu n'ait été tiré", poursuit cette chercheuse dans le domaine médical.

Le 9 novembre 1989, Benjamin Nemerofsky, plasticien canadien de 41 ans, confie ne guère s'en souvenir. Adolescent, il habitait à l'époque Montréal. Trop jeune, trop loin pour saisir ce qui était en train de se passer en Europe, ce n'est que plus tard que les choses deviendront intelligibles, explique l'artiste installé à Berlin depuis 2001.

Mais pour ce 25e anniversaire, il s'est "levé à 05H30 pour (se) promener le long" de la chaîne de ballons d'une quinzaine de km, installée pendant les festivités sur l'ancien tracé du Mur.

Un "pèlerinage personnel" qui lui a permis de découvrir des aspects de Berlin dont il ignorait tout : les différences Est/Ouest se sont estompées, "mais on peut quand même voir qu'on est à l'Est au nombre de nouveaux bâtiments de luxe" érigés ces dernières années, sourit-il.

Astrid et Reinhard Gregor sont quant à eux venus de Wolfsburg (ouest de l'Allemagne) pour ce week-end.

Devant l'Hotel Adlon, près de la Porte de Brandebourg, ils acclament l'ex-leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev, largement crédité d'avoir permis la Réunification allemande, qui va participer à une table ronde dans ce palace.

Enseignante à la retraite, Astrid raconte comment son fils, Lars, 8 ans à l'époque, lui demandait si les gens de la RDA pouvait s'échapper en volant au-dessus du Mur avec un ballon...

Les festivités pour la chute du mur de Berlin

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