Accusations et amendes pour SNC-Lavalin?

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SNC LAVALIN ROBERT CARD
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Les 4000 mises à pied annoncées jeudi par SNC-Lavalin et sa volonté de réduire ses dépenses de 200 millions de dollars pourraient s'expliquer par les allégations de corruption qui pèsent sur la firme montréalaise et qui pourraient se traduire par des accusations et des amendes.

Selon plusieurs sources de CBC, la GRC et des procureurs de la Couronne mèneraient des pourparlers avec la multinationale montréalaise au sujet d'une série de scandales impliquant des cadres de SNC-Lavalin qui auraient payé ou offert des pots-de-vin pour remporter des contrats en Libye, au Bangladesh ainsi qu'au Canada.

Lors d'une téléconférence avec des investisseurs et des journalistes, jeudi, le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Robert Card, a été interrogé sur des négociations qui seraient en cours pour un règlement lié à des accusations de fraude ou de corruption. « Nous continuons d'entretenir des relations constructives avec l'ensemble de nos contreparties , mais je ne peux pas donner des détails sur ce dont nous pourrions discuter » , a-t-il dit.

SNC-Lavalin n'a pas précisé à CBC comment elle entendait répondre à d'éventuelles accusations. Jusqu'à maintenant, plusieurs anciens cadres font face à la justice pour des affaires de corruption, ici comme ailleurs dans le monde, mais l'entreprise elle-même n'a jamais été accusée. La loi canadienne pénalise d'ailleurs les tentatives ou les actes de corruption faits par des Canadiens à l'étranger.

Des scandales de corruption

Le mois dernier, l'ancien vice-président de SNC-Lavalin Riadh Ben Aïssa a reconnu sa culpabilité dans une affaire des pots-de-vin versés, environ 130 millions de dollars, contre des contrats valant des milliards de dollars en Libye. D'après le quotidien La Presse, ce dernier serait maintenant délateur pour la GRC.

Des accusations de fraude et de corruption pèsent aussi contre Riadh Ben Aïssa pour le versement allégué de 22,5 millions de dollars en pots-de-vin pour que SNC-Lavalin obtienne le contrat de construction du Centre universitaire de santé McGill, le CUSM. L'ancien chef de la direction de SNC-Lavalin Pierre Duhaime est aussi l'un des accusés dans cette affaire.

D'anciens employés sont également accusés d'avoir offert des pots-de-vin à des fonctionnaires du Bangladesh dans une tentative infructueuse pour décrocher un contrat de 1 milliard de dollars pour la construction du pont Padma.

Amendes de 100 millions?

L'avocat torontois Milos Barutciski, directeur du groupe de surveillance Transparency International Canada, n'est pas étonné d'apprendre qu'il y aurait des négociations entre SNC-Lavalin et les autorités. « Sur la base de ce qui est dans le domaine public , je ne suis pas surpris », dit-il.

M. Barutciski avance que d'éventuelles amendes imposées à SNC-Lavalin pourraient dépasser les 100 millions de dollars, citant d'autres cas, dont celui de Griffith Energy.

La question reste à savoir si SNC-Lavalin reconnaîtrait sa culpabilité ou serait reconnue coupable. Si tel est le cas, au-delà du moment à payer, cela pourrait l'empêcher de soumissionner à des contrats avec le gouvernement canadien.

De son côté, la GRC refuse de commenter.

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