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Suncor cesse temporairement d'envoyer son pétrole de l'Ouest à Sorel-Tracy

06/11/2014 04:10 EST | Actualisé 06/11/2014 05:34 EST
RCQC

Radio-Canada a appris que la compagnie Suncor cesse temporairement d'envoyer son pétrole des sables bitumineux à Sorel-Tracy. C'est le faible prix de vente du baril de brut qui serait en cause.

Un texte de Thomas Gerbet

Les convois de trains et le remplissage de pétroliers vont donc cesser pour un temps encore indéterminé. La compagnie Kildair a été avisée de cette décision d'affaire.

Le prix du baril de pétrole a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs années et il pourrait continuer de glisser. Hier, le Western Canadian Select (le pétrole des sables bitumineux) s'échangeait à 61,78 $ US. À la fin du mois de septembre, il s'échangeait à 82 $ US.

La nouvelle de cet arrêt temporaire devrait ravir les opposants au transport du pétrole brut lourd par train sur la Rive-Sud de même que par pétroliers sur le fleuve Saint-Laurent.

Jusqu'à présent, Suncor a chargé deux pétroliers, taille aframax (44 mètres de large). Ces navires ont pris la destination de l'Europe et du golfe du Mexique.

Les raffineries de l'Est du Canada n'ont pas les infrastructures nécessaires pour traiter ce type de pétrole.

Selon Simon Jacques, spécialiste du négoce des matières premières et professeur de finances à l'Université de Moncton, il en coûte 10 dollars américain par baril pour faire venir le brut albertain par train jusqu'à Sorel-Tracy, en plus des 3 dollars par baril pour son transport par navire jusqu'à une raffinerie de la Louisiane.

Le coût de production est inconnu, mais le profit dégagé dans les circonstances doit être considéré suffisamment faible pour que Suncor ait pris cette décision.

Le secret du profit

Pour estimer ses profits, la pétrolière Suncor doit soustraire du prix de vente le coût du transport et le coût de production. Or, le pétrole issu des sables bitumineux coûte plus cher à produire que les pétroles conventionnels mondiaux.

« Avec un prix de vente qui est trop faible, ça ne permet plus à ceux qui exportent par voie ferroviaire de rentrer dans leurs frais », explique Pierre-Olivier Pineau, spécialiste des politiques énergétiques et professeur aux HEC.

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