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SNC-Lavalin abolit 4000 emplois

06/11/2014 08:07 EST | Actualisé 06/11/2014 08:07 EST
CP

Une importante restructuration se mettra en branle rapidement chez SNC-Lavalin (TSX:SNC), ce qui se traduira par la suppression de 4000 emplois à travers le monde, soit neuf pour cent de son effectif.

La plupart des licenciements devraient s'effectuer avant la fin de l'année pour se terminer dans environ 18 mois, a indiqué jeudi le président et chef de la direction de la société, Robert Card, au cours d'une conférence téléphonique.

Selon la firme d'ingénierie montréalaise, ces licenciements _ qui affecteront sa rentabilité à court terme avant de générer des économies _ s'inscrivent dans des efforts visant à se retirer de secteurs qui n'offrent pas des rendements à la hauteur des attentes.

Cette annonce, jumelée aux résultats trimestriels qui l'accompagnaient, ont secoué l'action de SNC-Lavalin, qui plongeait en après-midi de 8 pour cent, ou 3,74 $, à la Bourse de Toronto, pour s'échanger à 42,46 $.

Le quart des mises à pied _ soit 1000 postes _ devraient avoir lieu au Canada. Il était impossible de savoir si cette restructuration aurait des effets au Québec, où SNC emploie près de 6800 personnes.

"Nous avons examiné de près notre structure (...) et toutes les avenues possibles, a souligné son président et chef de la direction, Robert Card. Nous avons conclu que d'autres mesures devaient être prises pour que nos ressources internes correspondent mieux à la réalité de nos marchés."

La firme d'ingénieurs emploie actuellement près de 45 000 personnes et possède des bureaux dans plus de 50 pays.

La restructuration devrait se traduire par des charges de 200 millions $ après impôts au cours des 18 prochains mois et l'entreprise croit qu'elle pourra économiser annuellement, dès 2015, 100 millions $ après impôts.

Au cours des dernières années, la réputation de SNC-Lavalin a été entachée par de nombreux scandales de corruption, dont celui du Centre universitaire de santé McGill. Certains de ses anciens hauts dirigeants ont également été arrêtés.

L'annonce de la restructuration a été effectuée par l'entreprise en marge du dévoilement de ses résultats du troisième trimestre, pendant lequel elle a dégagé des profits.

Pour la période de trois mois terminée le 30 septembre dernier, le bénéfice net a été de 69 millions $, ou 45 cents par action, par rapport à une perte de 72,5 millions $, ou 48 cents par action, à la même période en 2013.

Ses revenus trimestriels sont demeurés essentiellement stables à 2,004 milliards $, comparativement à 1,945 milliard $ l'an dernier.

Au cours du trimestre, l'entreprise a entre autres complété l'acquisition de la société britannique Kentz _ une transaction de 2,1 milliards $ annoncée en juin dernier.

SNC-Lavalin a déclaré une perte nette provenant des activités d'ingénierie et construction et d'exploitation et entretien de 20 millions $, comparativement à une perte nette de 128,4 millions $ au troisième trimestre de 2013.

Son carnet de commandes totalisait 12,5 milliards $ à la fin du trimestre, en hausse de 51 pour cent par rapport à la fin de décembre 2013.

La firme d'ingénierie a également révisé à la baisse sa cible de résultat par action pour l'exercice 2014, qui devrait osciller entre 2,15 $ et 2,40 $, par rapport à une prévision précédente de 2,80 $ et 3,05 $.

La performance trimestrielle de SNC-Lavalin ainsi que sa révision à la baisse de ses prévisions ont déçu les analystes du secteur financier.

En plus de la charge de restructuration de 300 millions $ qui aura une influence sur les résultats au cours des 18 prochains mois, Sara O'Brien, de RBC Marchés des capitaux, souligne que l'entreprise mettra également du temps

à recentrer ses activités d'ingénierie et de construction.

"Nous croyons que cette incertitude va faire reculer l'action puisque les investisseurs devront attendre avant de constater une hausse des profits", écrit l'analyste dans une note de recherche.

De son côté, Maxim Sytchev, de Dundee Securities, croit que cette restructuration pourrait inciter la firme d'ingénierie à vendre sa participation dans l'autoroute 407, près de Toronto, en Ontario.

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