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La diffusion de sports et de HBO est coûteuse et affectera les résultats de BCE

06/11/2014 07:05 EST | Actualisé 06/01/2015 05:12 EST

TORONTO - Une hausse des coûts liés à la programmation d'événements de sport et au catalogue des émissions de HBO fait grimper les dépenses de la division des médias de BCE, ont indiqué jeudi ses dirigeants.

Bell Média continue d'accroître sa part du marché, a précisé jeudi le chef de la direction George Cope, mais elle commence aussi «clairement à être touchée par la hausse des coûts du contenu», qu'il juge toutefois essentiel pour tenir tête à ses concurrents.

«C'est un investissement stratégique délibéré que nous ferons et qui aura un impact sur nos activités médiatiques», a-t-il affirmé, après que BCE eut dévoilé des résultats financiers en hausse pour son troisième trimestre.

Le groupe montréalais de télécommunications a dû grossir son portefeuille de droits sur les sports professionnels pour ses trois nouvelles chaînes TSN — TSN3, TSN4 et TSN5 —, lancées plus tôt cet automne.

Bell travaille en outre sur un service de vidéo de lecture en continu, surnommé pour l'instant «Projet Latte», qui comprendre tout le catalogue d'émissions scénarisées de HBO qui ne sont plus en ondes, incluant «The Sopranos», «The Wire» («Sur écoute») et «Sex and the City» («Sexe à New York»).

Mais cette programmation n'est pas gratuite, et M. Cope affirme que c'est un facteur dont il a tenu compte, même s'il n'a pas donné de chiffres précis à ce sujet.

«C'est absolument la bonne chose à faire du point de vue stratégique, parce que les Canadiens nous disent que c'est ce qu'ils veulent voir, et de quelle façon ils veulent le voir», a-t-il expliqué.

L'entrée de Bell sur le territoire de la vidéo sur demande survient après que Rogers Communications (TSX:RCI.B), son plus gros concurrent dans plusieurs segments du marché, eut annoncé son propre service d'abonnement appelé Shomi, qui offre plusieurs émissions de télévision et certains films.

Les deux services sont considérés comme des alternatives au populaire service américain Netflix, qui a fait des percées sur le marché canadien ces dernières années.

«Ce que nous apprenons, c'est que la façon dont les gens visionnent le contenu change et que le canal par lequel il arrive ne devrait pas importer», a indiqué M. Cope.

«Nous faisons un investissement du côté du contenu et les revenus mettront un certain temps avant de se matérialiser», a-t-il ajouté.

Cet impact a été évident dans les résultats du troisième trimestre de BCE. Le bénéfice ajusté de sa division des médias a reculé de 8,5 pour cent à 182 millions $ en raison des hausses de coûts pour les droits de diffusion d'événements sportifs. Les revenus ont grimpé de moins d'un pour cent à 665 millions $.

Dans l'ensemble, BCE (TSX:BCE) a profité de la croissance de ses revenus dans le secteur du sans-fil et des gains dans sa base d'abonnés internet.

Le bénéfice net a avancé à 600 millions $, soit 77 cents par action, une croissance d'environ 75 pour cent par rapport à la même période l'an dernier, alors que les profits étaient grugés par les coûts liés à une importante acquisition.

Le bénéfice ajusté, qui exclut les éléments non récurrents liés à la prise de contrôle d'Astral Média, a augmenté de 11 pour cent à 648 millions $. Le bénéfice ajusté par action a atteint 83 cents, soit 5 cents de plus que celui auquel s'attendaient en moyenne les analystes.

Bell Canada, la principale filiale de BCE, a réalisé un chiffre d'affaires de 4,6 milliards $, en hausse de 1,8 pour cent par rapport à l'an dernier. La plupart des gains à ce chapitre étaient attribuables à la croissance de ses services sans fil.

Les revenus des services sans fil ont grimpé de sept pour cent à 1,6 milliard $, tandis que ceux des services filaires ont glissé de moins d'un pour cent à 2,47 milliards $.

En plus de Bell, BCE a inscrit à ses comptes des revenus d'environ 699 millions $ en provenance de Bell Aliant — une filiale dont elle a tout récemment fermé le capital.

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