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Ebola: plus de 75 pour cent du combat reste encore à livrer, dit l'ONU

06/11/2014 02:13 EST | Actualisé 06/01/2015 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Le responsable de la lutte au virus Ebola pour les Nations unies a prévenu jeudi que moins de 25 pour cent de la tâche a été abattue, mais que la réponse internationale exceptionnelle du dernier mois lui permet d'espérer que l'épidémie sera vaincue en 2015.

À l'Associated Press, le docteur David Nabarro a toutefois avisé qu'il fallait demeurer alerte jusqu'à ce que le dernier cas d'Ebola soit soigné, car la situation demeure grave.

Il y a un mois, le docteur Nabarro prévenait que le nombre d'infections doublait probablement toutes les trois ou quatre semaines, et qu'en l'absence d'une mobilisation mondiale d'envergure, «la planète devra composer avec le virus Ebola pour toujours». Il avait à ce moment déclaré qu'une réponse 20 fois plus importante était nécessaire.

Mais depuis quatre semaines, le taux de propagation du virus semble ralentir dans certains coins d'Afrique de l'Ouest, a dit M. Nabarro. Mais dans les secteurs les plus chauds, le virus se répand aussi rapidement qu'il y a un mois.

L'Ebola a fait près de 5000 morts en Afrique de l'Ouest.

M. Nabarro a indiqué que les trois pays les plus durement touchés — la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée — disposent maintenant de cinq fois plus de lits qu'il y a deux mois, ce qui aide à réduire le nombre de cas et améliore les efforts pour identifier les personnes possiblement infectées et retracer les gens avec qui elles ont eu des contacts.

Le docteur Nabarro a souligné deux autres signes encourageants: la réponse mondiale extraordinaire du dernier mois et la mobilisation des communautés locales dans ces trois pays, dans la foulée de campagnes médiatiques importantes et d'«efforts de sensibilisation» menés de porte en porte par les leaders traditionnels.

Il a dit que ces facteurs le «rendent incroyablement optimiste qu'au cours des prochains mois nous verrons certainement une diminution, et j'espère que l'épidémie prendra fin pendant la prochaine année».

M. Nabarro a toutefois dit qu'il est trop tôt pour crier victoire. Il a rappelé qu'avec l'Ebola et d'autres maladies, une réduction des cas est parfois suivie d'une poussée, «comme un feu qui reprend vie».

«Je dois donc souligner que nous n'affirmons certainement pas que la tâche est terminée à moitié ou même au quart», a-t-il dit.

«Nous déclarons simplement que nous avons une stratégie et que cette stratégie prédisait un ralentissement des infections par rapport à août et septembre, a-t-il dit. Eh bien, c'est ce qui se produit. Nous constatons un ralentissement des infections en certains endroits, mais je ne peux pas dire qu'on dirait que le pire est passé.»

Il a dit que plus de centres de traitement, de centres communautaires et d'argent sont nécessaires. L'ONU souhaite que 70 pour cent des cas aient été isolés d'ici le 1er décembre, et que 70 pour cent des inhumations se fassent alors de manière sécuritaire.

M. Nabarro a évoqué des «progrès spectaculaires» quant aux inhumations sécuritaires au Libéria, où ce pourcentage serait pratiquement atteint. Une campagne a été lancée dans ce pays pour mettre en garde contre des pratiques funéraires traditionnelles, comme le lavage et la manipulation des dépouilles.

M. Nabarro a dit que les autres pays ont encore du travail à faire, mais que la situation est encourageante.

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