NOUVELLES

Bénévolat pour les chômeurs: le ministre Kenney se dit en désaccord avec Poloz

06/11/2014 06:48 EST | Actualisé 06/01/2015 05:12 EST

TORONTO - Le ministre de l'Emploi du Canada juge que le fait d'inciter les jeunes chômeurs à travailler gratuitement jusqu'à ce que le marché de l'emploi se stabilise leur envoie un «mauvais message».

Le ministre Jason Kenney réagissait jeudi aux propos controversés du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, qui a encouragé les jeunes Canadiens sans emploi à faire du bénévolat pour acquérir de l'expérience dans leur domaine.

M. Kenney a affirmé devant des gens d'affaires à Toronto que les jeunes devraient être rémunérés pour leur travail et qu'ils ne devraient pas être incités à «abaisser leurs ambitions».

Il a en outre vanté les mesures adoptées par plusieurs pays européens, qui ont des ententes avec le secteur privé pour mieux former les jeunes.

Les remarques de M. Poloz devant un comité de la Chambre des communes mardi ont suscité des critiques de certains, qui l'ont accusé d'être déconnecté de la réalité quotidienne des jeunes.

Selon les derniers chiffres de Statistique Canada, le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans s'élevait à 13,5 pour cent en septembre, soit presque le double de celui de la population en général, qui se situait à 6,8 pour cent.

Dans son discours, M. Kenney a précisé que le taux de chômage des jeunes de la grande région de Toronto était d'environ 20 pour cent.

Le ministre de l'Emploi a d'ailleurs relevé le «paradoxe qu'il y ait trop de Canadiens au chômage dans une économie où il y a trop d'emplois pour trop peu de Canadiens».

Selon le ministre, une étude du Conference Board du Canada avait estimé que l'Ontario perdait plus de 24 milliards $ en activité économique et 3,7 milliards $ en impôts par année parce que les employeurs ne trouvent pas assez de travailleurs qualifiés pour leurs compagnies.

Pour régler ce problème, les compagnies devront investir davantage dans la formation, a plaidé le ministre.

«Les gouvernements au Canada dépensent pratiquement plus que tous les autres pays développés sur le développement des compétences et la formation, mais le secteur privé est le dernier de classe», a-t-il regretté.

L'investissement du secteur privé a fléchi de 40 pour cent de 1990 à 2010, selon des données ajustées à l'inflation, a-t-il ajouté.

«Les chiffres vont dans la mauvaise direction», a-t-il conclu.

Le ministre Kenney a affirmé que son ministère allait lancer prochainement une application mobile «branchée» pour aider les jeunes à se choisir une carrière.

PLUS:pc