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Trois présidents d'Afrique de l'Ouest visitent le Burkina Faso

05/11/2014 08:37 EST | Actualisé 05/01/2015 05:12 EST

OUAGADOUGOU, Burkina Faso - Des diplomates qui tentent de rétablir un gouvernement civil à la tête du Burkina Faso ont révélé mercredi être à compiler une liste de candidats qui pourraient diriger le pays sur une base intérimaire, jusqu'à la tenue d'élections.

L'annonce a été faite au moment où trois présidents d'Afrique de l'Ouest arrivaient au Burkina Faso afin de faire pression sur les leaders militaires du pays pour qu'ils remettent le pouvoir aux civils le plus rapidement possible.

Des manifestations organisées par l'opposition la semaine dernière ont chassé le président Blaise Compaoré, qui dirigeait le pays depuis 27 ans. L'armée a alors désigné le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida comme leader intérimaire.

La communauté internationale souhaite toutefois le retour d'un gouvernement civil dans les meilleurs délais. Lundi, l'Union africaine, qui représente 53 pays du continent, a donné au Burkina Faso deux semaines pour s'exécuter, faute de quoi des sanctions seront imposées.

La communauté internationale souhaite en venir à un réglement rapide et éviter un règne martial prolongé.

Des représentants de l'Union africaine et des Nations unies discutent depuis quelques jours avec des membres de l'opposition, des militaires et d'autres intervenants.

Mercredi, les présidents nigérian Goodluck Jonathan, sénégalais Macky Sall et ghanéen John Dramani Mahama sont arrivés au Burkina Faso pour participer aux pourparlers­.

«Nous apprécions la solidarité des leaders régionaux qui doivent nous aider à en arriver à un consensus, peu importe la formule que nous adoptions pour la transition», a déclaré à l'Associated Press un leader de l'opposition, Zéphirin Diabré.

Un autre opposant, Ablassé Ouedraogo, s'est montré nettement plus pessimiste. «Nous allons leur dire qu'il est impossible de nommer un leader transitoire aujourd'hui», a-t-il dit.

M. Compaoré n'avait jamais identifié de dauphin avant d'être chassé du pouvoir. Au moins trois personnes ont tenté de prendre la tête du pays depuis sa fuite. La Constitution stipule que le président du Parlement doit occuper la présidence par intérim, selon un autre leader de l'opposition, Roch Marc Christian Kaboré.

Le Burkina Faso était un solide allié de l'Occident, notamment face aux militants islamistes, et un bastion de stabilité relative sous le règne semi-autoritaire de M. Compaoré. Des forces spéciales françaises sont notamment déployées sur son territoire.

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