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Tarifs de garde: la modulation est plus progressiste, dit Couillard

05/11/2014 11:10 EST | Actualisé 05/01/2015 05:12 EST

QUÉBEC - Une modulation des tarifs de garderies en fonction du revenu familial serait une mesure plus progressiste que la hausse générale prévue par le Parti québécois avant la dernière élection, a déclaré mercredi le premier ministre Philippe Couillard.

M. Couillard a été questionné en Chambre par les péquistes à la suite de la publication d'un reportage évoquant l'intention du gouvernement de faire passer le tarif de base le 1er avril prochain de 7,30 $ par jour à 8 $ à 20 $, en fonction du salaire des parents.

Selon Le Devoir, les parents de 225 000 enfants qui fréquentent des centres de la petite enfance (CPE), des garderies privées subventionnées et des services de garde en milieu familial seraient touchés par une modulation.

En Chambre, mercredi, M. Couillard n'a pas donné de détails sur cette éventualité, mais il a expliqué que cette mesure fera «éventuellement» l'objet d'une annonce par la ministre de la Famille, Francine Charbonneau.

«On veut que le régime soit préservé, on veut qu'il soit équitable et qu'il reflète la structure de revenus du Québec», a-t-il dit.

En répondant à ses adversaires péquistes, M. Couillard a présenté la modulation des tarifs comme une mesure plus équitable que la hausse de 2 $ par jour sur deux ans prévue par le précédent gouvernement de Pauline Marois.

«Même les familles à bas revenus, les familles de classe moyenne à revenus plus modestes, tout le monde était frappé par ça, a-t-il dit. Aucune préoccupation pour l'équité, aucune préoccupation pour l'équité de la part de ces soi-disant progressistes, qui font en sorte que les plus fortunés soient traités de la même façon que les moins fortunés.»

Le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard a déclaré que pareille modulation n'a rien de progressiste et serait une «attaque frontale» contre la classe moyenne et la politique familiale du Québec.

«Être progressiste, c'est l'impôt sur le revenu, a-t-il dit. Ça, on croit à ça effectivement. Quand tu es plus riche, tu paies plus. Mais, les services de garde, la politique familiale, elle s'adresse à tout le monde, puis ce n'est pas vrai que, quand tu fais un revenu familial de 75 000 $ par année, tu es un riche.»

M. Bédard a accusé M. Couillard de rompre sa promesse électorale de limiter la hausse des tarifs au taux d'inflation.

«C'est une véritable trahison par rapport à ce qui avait été promis en campagne électorale, a-t-il dit. Un dollar, souvenez-vous, c'était trop pour le premier ministre.»

Selon une fiche de renseignement obtenue par Le Devoir, les familles dont le revenu annuel est inférieur à 75 000 $ paieraient 8 $ par jour. Pour celles dont le revenu est entre 150 000 $ et 200 000 $, le tarif se situerait entre 15 $ et 20 $.

De son côté, la ministre Charbonneau a qualifié de «spéculation» cette hypothèse que le gouvernement mette fin au tarif unique dans les garderies.

«Optimiser, ça veut dire améliorer, ça ne veut pas dire briser des promesses et changer les choses, a-t-elle dit. Ça veut dire les améliorer. Faire une place pour tout le monde, c'est l'objectif que nous avons, et c'est sur cette prémisse-là que nous allons travailler et non sur une spéculation.»

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a affirmé mercredi que son ministère examinera également les modifications qui pourraient être apportées aux tarifs pour les services de garde en milieu scolaire.

Selon M. Bolduc, son ministère sera attentif à ce qui sera proposé finalement par le ministère de la Famille, sans pour autant qu'il s'agisse d'une décision conjointe.

«En regardant un scénario du côté des CPE, on va devoir regarder des scénarios du côté des garderies scolaires, a-t-il dit. Mais là c'est un peu tôt pour pouvoir s'avancer. Attendons de voir la proposition finale.»

Le chef caquiste François Legault a dénoncé toute hausse éventuelle des tarifs. Selon lui, cela aurait pour effet de nuire à la consommation des ménages.

«Si on était dans une situation où on baissait les impôts de façon importante, on pourrait peut-être se poser ces questions-là, a-t-il dit. Mais actuellement, on est dans le plafond pour les impôts, dans le plafond pour les taxes et là on augmente les tarifs. Les gens n'ont plus d'argent dans leurs poches.»

La députée de Québec solidaire Françoise David croit pour sa part que cette mesure aura pour effet de nuire à la classe moyenne.

«J'ai l'âge et l'expérience pour savoir ceci: ce n'est que la première étape, a-t-elle dit. Quelques mois plus tard, une année ou deux plus tard, on va abaisser ce plafond-là. Alors, oui, ça va toucher de plein fouet la classe moyenne.»

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