NOUVELLES

Libye: les combats ont fait près de 400 morts au cours des derniers mois

05/11/2014 03:15 EST | Actualisé 05/01/2015 05:12 EST

TRIPOLI, Libye - Les combats entre les forces loyales au gouvernement libyen et une alliance informelle d'islamistes et de milices régionales ont fait près de 400 morts à travers le pays au cours des trois dernières semaines, ont fait savoir mercredi un responsable médical et un commandant de milice.

Les pires troubles ayant suivi la chute du dictateur Mouammar Kadhafi à la suite d'une révolte soutenue par l'OTAN, en 2011, ont laissé le pays profondément divisé, alors que le gouvernement reconnu par la communauté internationale est confiné à la ville de Tobrouk, complètement à l'est, et qu'un gouvernement à dominance islamique est installé à Tripoli, la capitale.

Dans la ville montagneuse de Kikla, au sud de Tripoli, des jeunes habitants de l'endroit favorables aux milices de Tripoli s'en sont pris aux forces alliées au gouvernement, qui proviennent quant à eux majoritairement de la ville de Zintan (ouest). Au dire d'un commandant allié aux forces de Tripoli, au moins 140 personnes ont été tuées et plus de 300 autres blessées dans les combats à Kikla, qui ont provoqué l'exode de dizaines de milliers de personnes au cours des dernières semaines.

À Benghazi (est), les forces progouvernementales, y compris celles menées par l'ex-général Khalifa Hifter, combattent depuis la mi-octobre des milices islamistes plus radicales pour le contrôle de la ville. Parmi ces combattants islamistes, on compte le groupe Ansar al-Shariah, blâmé pour l'attaque de 2012 contre la mission diplomatique américaine ayant fait quatre morts, dont l'ambassadeur américain Chris Stevens.

Selon un responsable médical, les combats à Benghazi ont fait 252 morts depuis le 15 octobre. Benghazi est d'ailleurs paralysée par les affrontements, ses écoles sont fermées et ses rues sont bloquées par des civils armés et soumises à de fréquents bombardements et attaques aériennes.

Au sud du pays, l'un des principaux champs pétrolifères nationaux, al-Sharara, est fermé en raison de heurts entre les Touaregs et les Tabus, deux minorités ethniques. Le champ produit 340 000 barils de pétrole par jour à des fins de consommation locale. Au cours des derniers mois, la production nationale n'a représenté que 800 000 barils par jour, soit la moitié de ce qu'elle était avant le soulèvement.

Mercredi, toujours, Human Rights Watch a fait savoir qu'il avait trouvé des preuves de l'utilisation de mines terrestres dans les combats à Tripoli. L'organisme soutient que des mines antipersonnel ont été découvertes à l'aéroport de Tripoli, capturé par la milice de l'Aube libyenne en août.

PLUS:pc