POLITIQUE

La fin du tarif unique dans les CPE?

05/11/2014 07:48 EST | Actualisé 05/11/2014 08:43 EST
Floresco Productions via Getty Images

L'Association québécoise des centres de la petite enfance est outrée par les nouvelles augmentations de tarifs que Québec apprêterait à implanter dans les garderies.

Selon un document préparé pour le Conseil des ministres, obtenu par le quotidien Le Devoir, le tarif universel actuel des centres de la petite enfance (CPE) de 7,30 $ par jour passera à 8 $ à partir du 1er avril 2015. Une « contribution additionnelle » serait aussi déterminée en fonction du revenu familial des parents, pouvant atteindre jusqu'à 12 $ supplémentaires pour les ménages le plus fortunés.

Cela qui porte à 20 $ par jour le tarif maximal qui pourra être exigé aux parents dont les enfants sont en garderie subventionnée.

Ce projet, qui ferait doubler les frais de garde de nombreuses familles, fait bondir le directeur général de l'Association québécoise des centres de la petite enfance, Louis Sénécal.

« Ça pousse vraiment très très loin cette modulation-là. On parle de presque tripler la contribution actuelle. »

— Louis Sénécal, directeur général de l'Association québécoise des centres de la petite enfance

Une taxe déguisée

Selon M. Sénécal, ce projet d'augmentation modulée sonne le glas de l'universalité des tarifs dans les CPE du Québec. Et pour un grand nombre de familles, les frais de garde vont doubler ou presque tripler dans le cas des ménages dont le revenu familial excède 150 000 $ net par an.

Qui plus est, il y a fort à parier, souligne M. Sénécal, que les sommes que généreront ces augmentations ne seront pas réinvesties dans le financement du réseau des CPE, mais plutôt dans la lutte au déficit.

Cette augmentation est une taxe déguisée pour des centaines de milliers de parents du Québec, déplore Louis Sénécal.

« Je mets en garde la population, cette hausse ne sera certainement pas réinvestie dans les centres de la petite enfance, mais bien dans la lutte contre le déficit. Alors, c'est une taxe déguisée pour les parents du Québec. »

— Louis Sénécal, directeur général de l'Association québécoise des centres de la petite enfance

La décision n'est pas encore prise

Du côté du gouvernement, on affirme que la décision n'a pas encore été prise sur l'ampleur des augmentations qui seront exigées aux parents. Il ne s'agirait par ailleurs pas de la seule hypothèse étudiée pour augmenter les tarifs en garderie.

Cependant, du moment où le projet est présenté dans un document destiné au Conseil des ministres, il est permis de penser qu'il s'agit d'une hypothèse sérieusement envisagée par le gouvernement.

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