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Des politiciens prient Harper de plaider pour un dissident chinois emprisonné

05/11/2014 01:07 EST | Actualisé 05/01/2015 05:12 EST

OTTAWA - Des députés conservateurs, néo-démocrates et libéraux se sont joints à la famille d'un prisonnier chinois ayant étudié au Canada, suppliant le premier ministre Stephen Harper d'obtenir sa remise en liberté.

La démonstration de solidarité de dernière minute — imprégnée à parts égales d'indignation morale et de désespoir — est survenue seulement quelques heures avant le départ de M. Harper pour la Chine, où il doit entreprendre une mission économique et rencontrer les leaders politique chinois.

Ils ont pris la parole, mercredi, sur la colline du Parlement au nom de Wang Bingzhang, fondateur d'un mouvement prodémocratie en Chine.

M. Wang est détenu dans une prison de Pékin depuis 2002, où il purge une peine de prison à vie en isolement pour avoir encouragé la démocratie en Chine à partir de l'étranger.

Il avait reçu son doctorat à l'Université McGill et plusieurs des membres de sa famille sont canadiens.

«Je demande au premier ministre Harper de saisir toutes les occasions diplomatiques avec la Chine pour tenter de faire libérer mon père», a imploré sa fille, Ti-Anna Wang. Originaire de Montréal, elle a été interdite de séjour en Chine au cours des cinq dernières années en raison de son activisme.

«Je crois que la diplomatie de haut niveau constitue sa meilleure chance de libération.»

M. Wang a été un des premiers Chinois à avoir étudié à l'étranger, il y a plusieurs années. Son exposition à la démocratie lui a inspiré la fondation du Mouvement démocratique chinois d'outre-mer.

Des agents chinois l'ont enlevé au Vietnam en 2002 pour l'emmener en Chine, où il a été condamné à la prison à vie après ce que sa fille a qualifié de «procès bidon».

Ti-Anna Wang a dit souhaiter que M. Harper rencontre sa famille en personne afin d'obtenir une meilleure compréhension du non-respect des droits humains en Chine.

«Je veux que nos histoires et nos efforts soient entendus, reconnus et pris en sérieuse considération lorsque le Canada élabore sa politique étrangère avec la Chine», a indiqué la femme de 24 ans.

«Ce sont justement les valeurs épousées par le Canada et autres démocraties qui ont inspiré mon père. Si nous ne pouvons nous tourner vers ce gouvernement et ses chefs afin qu'ils plaident pour sa libération, vers qui d'autre pouvons-nous nous tourner?»

Wang Binjgwu, de Toronto, qui a tenu une vigile de sept jours près de la colline du Parlement, a déclaré que l'état de santé physique et mentale de son frère déclinait.

Le dernière fois qu'il l'a rencontré en prison, en février dernier, son frère avait perdu du poids et avait écrit «une lettre insensée» à sa famille.

Pendant son incarcération, M. Wang a souffert de trois AVC, selon son frère.

«M. Harper, sauvez mon frère s'il-vous-plaît», a imploré M. Wang à l'occasion d'une conférence de presse à l'Édifice du centre du Parlement. «Je suis ici pour livrer ce plaidoyer senti, désespéré, pour que notre premier ministre soulève personnellement le dossier auprès des autorités chinoises.»

Le bureau du premier ministre a indiqué qu'il allait discuter des droits humains, mais n'a pas spécifiquement mentionné le dossier de M. Wang.

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