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Syrie: les djihadistes du groupe ÉI auraient torturé des enfants kurdes

04/11/2014 10:02 EST | Actualisé 04/01/2015 05:12 EST

BEYROUTH - Les combattants du groupe armé État islamique ont maltraité et torturé des enfants kurdes capturés plus tôt cette année près de la ville de Kobané, affirme une organisation de défense des droits de la personne.

Human Rights Watch (HRW) précise que les victimes ont été fouettées avec des boyaux et des câbles électriques.

L'organisation new-yorkaise dit avoir rencontré plusieurs des 150 garçons enlevés à la fin du mois de mai, alors qu'ils rentraient chez eux après l'école dans la ville d'Alep. Une cinquantaine de ces enfants kurdes ont réussi à s'échapper, pendant que les autres ont été libérés au compte-gouttes — le dernier groupe ayant été relâché le 29 octobre.

«Depuis le début de l'insurrection en Syrie, des enfants ont souffert des horreurs de la détention et de la torture, d'abord par le gouvernement el-Assad, et maintenant, par le groupe armé État islamique (...) Ces preuves de torture et d'abus sur des enfants démontrent l'importance de ne pas soutenir leur organisation criminelle», a plaidé Fred Abrahams, de HRW.

Quatre des garçons ont raconté à Human Rights Watch avoir été détenus par les djihadistes dans la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie. Ils ont décrit les nombreux mauvais traitements qui leur ont été infligés, racontant notamment avoir été battus avec des câbles et des boyaux.

Les enfants ont ajouté que les pires traitements ont été réservés à ceux dont des proches appartenaient à la milice kurde YPG, qui dispute le contrôle de Kobané au groupe État islamique depuis la mi-septembre.

Ils ont dit à l'organisme avoir été libérés parce qu'ils avaient supposément complété leur formation religieuse.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, a révélé mardi que les djihadistes ont libéré des dizaines de Kurdes capturés en février. On ne sait pas pourquoi les djihadistes auraient choisi de libérer leurs prisonniers en ce moment ou si un accord d'échange de prisonniers a été conclu.

Depuis qu'ils tentent de contrôler des régions kurdes dans le nord de l'Irak, les combattants de l'EI ont capturé des centaines d'habitants.

Par ailleurs, mardi, les hostilités se sont intensifiées entre les forces kurdes et les troupes djihadistes dans l'est et l'ouest de Kobané, qui est située à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

Les forces kurdes ont déployé plusieurs ressources dans la ville frontalière pour aider les Syriens à repousser le groupe extrémiste. Les soldats kurdes ne jouent qu'un rôle de soutien pour l'instant, selon un soldat irakien prénommé Rebwar.

Le ministre des Affaires étrangères de la France Laurent Fabius a d'ailleurs pressé la coalition internationale à protéger davantage Alep. La ville syrienne qui est sous le contrôle des rebelles est menacée par les troupes gouvernementales du président Bachar el-Assad et les combattants de l'État islamique.

«Si nous abandonnons Alep, nous condamnons 300 000 hommes, femmes et enfants à un destin terrible: un siège meurtrier sous les bombes du gouvernement ou le barbarisme terroriste de la Daesh (groupe armé État islamique) », a écrit M. Fabius, dans une lettre d'opinion publiée dans le quotidien américain «Washington Post», «Le Figaro», en France et le journal arabe «Al-Hayat».

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