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Procès Pistorius: l'appel est déposé

04/11/2014 07:34 EST | Actualisé 04/11/2014 07:35 EST
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Friday, Oct. 17, 2014 file photo, Oscar Pistorius is escorted by police officers as he leaves the high court in Pretoria, South Africa. A spokesman for South Africa's National Prosecuting Authority said Monday, Oct. 27, 2014 that prosecutors will appeal the verdict and sentencing of Oscar Pistorius, who was handed a 5-year prison term after being convicted of culpable homicide. (AP Photo/Themba Hadebe, File)

Le procès d'Oscar Pistorius, en prison depuis octobre pour avoir abattu sa petite amie en 2013, pourrait être révisé en 2015, le parquet sud-africain ayant officiellement déposé son appel mardi, insatisfait du verdict d'homicide involontaire.

"Nous annonçons aujourd'hui que le parquet national a interjeté appel à la fois du verdict et de la sentence", a indiqué son porte-parole Nathi Mncube dans un communiqué.

Le champion de 27 ans, sextuple médaillé d'or, a été condamné à cinq ans de prison et commencé à purger sa peine dans une aile médicalisée de la prison centrale de Pretoria, à l'issue de huit mois d'un procès retentissant suivi avec passion par l'opinion publique.

Il a échappé au verdict de meurtre, passible de la perpétuité.

L'"homicide involontaire" finalement retenu a suscité l'incompréhension d'un grand nombre de juristes en Afrique du Sud, et valu une volée de critiques à la juge Thokozile Masipa.

Toute la question est de savoir si l'accusé, au moment de tirer avait conscience qu'il pouvait donner la mort. Si la réponse est "oui", alors le juge aurait dû rendre un verdict de meurtre.

Or, dans ses attendus, la juge a elle-même estimé que Pistorius "savait que les toilettes étaient un espace réduit et qu'il n'y avait aucun moyen de s'échapper pour la personne derrière la porte", semblant se contredire elle-même.

Le ministère public, soucieux de fixer la jurisprudence, n'a pas révélé les arguments soulevés pour faire appel. "L'appel du verdict est fondé sur un point de droit", a seulement dit M. Mncube, précisant que les arguments du parquet avaient été transmis à la justice et, dès lors, couverts par le secret de l'instruction.

Jusqu'à six mois, voire davantage, peuvent désormais s'écouler jusqu'à la révision du procès qui se jouera sur le papier. Trois juges auront à examiner les documents du parquet et il y aura quelques audiences publiques, mais sans convocation de témoins.

"Le parquet doit d'abord aller voir la juge et lui demander si elle autorise l'appel. Si elle est sûre de son jugement, il n'y a pas de raison qu'elle refuse", a expliqué à l'AFP Elna Moolman, une avocate pénale de Johannesburg.

"Cela part ensuite chez trois juges qui auront à décider sur la base des documents et de plaidoiries supplémentaires. Ils demanderont au parquet 'pourquoi dîtes-vous que la juge se trompe, venez-nous expliquez çà' et le procureur viendra s'exprimer, ainsi que la défense", a-t-elle exposé.

Dans un verdict choc rendu le 12 septembre qui a profondément meurtri les parents de la victime, la juge Masipa avait conclu que Pistorius n'était pas coupable de meurtre mais d'imprudence.

Double amputé et équipé de prothèses pour courir, il a toujours affirmé avoir ouvert le feu par erreur sur la porte fermée des WC pour neutraliser ce qu'il croyait être un cambrioleur, après avoir entendu un bruit suspect. Il a aussi affirmé qu'il était amoureux de Reeva Steenkamp, sa victime, une mannequin de 29 ans.

Que la juge écarte la préméditation et refuse de conclure à une dispute de couple sur la base de vieux textos, ou du témoignage de voisins n'ayant rien vu, n'a choqué personne.

En revanche, beaucoup n'ont pas compris qu'elle dédouane Pistorius de toute intention homicide.

Un livre écrit par la mère de Reeva Steenkamp sort jeudi en Grande-Bretagne. Elle y dit pis que pendre de Pistorius, et notamment que "ça a été la malchance de Reeva de le rencontrer, parce que tôt ou tard, il allait tuer quelqu'un."

"Elle m'avait confié qu'elle n'avait pas couché avec lui. Ils partageaient le même lit mais elle avait peur de porter leur relation à ce niveau... Elle n'aurait pas voulu coucher avec Oscar si elle n'était pas sûre. Je pense que leur relation était en train de se terminer. Au fond de son coeur, elle ne pensait pas que celle-ci rendait l'un ou l'autre heureux", écrit-elle encore.

Un témoignage qui n'engage qu'elle et sans impact sur la révision du procès.

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