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L'Union africaine se mêle de la crise au Burkina Faso

04/11/2014 07:40 EST | Actualisé 04/01/2015 05:12 EST

OUAGADOUGOU, Burkina Faso - Des émissaires internationaux tentaient mardi de résoudre la crise politique qui secoue le Burkina Faso, après le départ soudain du président et l'intervention de l'armée.

Des manifestants de l'opposition qui estimaient que la présidence de Blaise Compaoré avait assez duré, après 27 ans, l'ont contraint à quitter le pouvoir la semaine dernière. M. Compaoré a trouvé refuge en Côte d'Ivoire.

Plusieurs factions de l'armée et du pouvoir civil tentent de profiter de la confusion pour s'emparer du pouvoir.

L'ordre semblait toutefois avoir été rétabli dans la capitale, Ouagadougou, mardi. Les commerces avaient ouvert leurs portes et on ne remarquait aucune présence policière ou militaire particulière dans les rues.

L'armée semble pour l'instant en contrôle du pays et a désigné le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida comme leader intérimaire. L'opposition ne demande plus que l'armée cède immédiatement le pouvoir et souhaite plutôt des pourparlers pour en venir à une entente.

L'Union africaine et d'autres membres de la communauté internationale adoptent toutefois une ligne plus dure. L'Union africaine, qui englobe 53 pays, a donné au Burkina Faso deux semaines pour remettre le pouvoir aux civils, faute de quoi il fera l'objet de sanctions.

Son émissaire, l'ancien premier ministre togolais Edem Kodjo, a rencontré mardi les leaders de l'opposition.

Au terme de cette rencontre, l'opposant Zéphirin Diabré a déclaré que la position de l'Union africaine est possiblement flexible.

«Il est évident qu'il s'agit d'une situation où le dialogue politique doit tenir compte de circonstances extraordinaires, a-t-il dit. Nous tenterons de respecter leur échéancier. Si cela n'est pas possible, ils comprendront.»

Le représentant en Afrique de l'Ouest du secrétaire général des Nations unies, Mohamed Ibn Chambas, a repris le même message. Il a dit que lui et les autres émissaires essaient de «trouver rapidement une solution en respect» avec la Constitution nationale.

«Le problème avec le Burkina Faso est que nous sommes encore loin de savoir ce qui va arriver, a dit l'analyste Jeggan Grey-Johnson, de la fondation Open Society. Les militaires ont promis qu'ils ne veulent pas garder le pouvoir, alors pourquoi ne pas y renoncer tout de suite? L'armée est divisée (...) et l'opposition est plus divisée que jamais. Pendant ce temps, le président de l'Assemblée nationale a essentiellement pris la fuite, il a abdiqué ses responsabilités, et donc nous sommes confrontés pour l'instant à un énorme vide.»

Le Burkina Faso était un solide allié de l'Occident et un bastion de stabilité relative sous le règne semi-autoritaire de M. Compaoré. Des forces spéciales françaises sont notamment déployées sur son territoire.

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