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Ebola: des Sierra-Léoniens violeraient la quarantaine pour se nourrir

04/11/2014 09:41 EST | Actualisé 04/01/2015 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - Des milliers de Sierra-Léoniens sont contraints de violer la quarantaine mise en place pour lutter contre le virus Ebola, puisque les livraisons de nourriture ne se rendent pas jusqu'à eux, ont prévenu mardi des agences humanitaires.

De vastes secteurs de ce pays d'Afrique de l'Ouest ont été isolés pour empêcher le virus de se propager, et plusieurs résidants de ces secteurs ont reçu l'ordre de rester chez eux.

Le gouvernement, avec l'aide du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, doit leur fournir de la nourriture et d'autres services.

Mais Jeanne Kamara, du groupe Christian Aid en Sierra Leone, affirme que plusieurs recoins passent inaperçus.

L'épidémie d'Ebola a déjà fait près de 5000 morts en Afrique de l'Ouest. La Sierra Leone a indiqué mardi que l'état d'urgence décrété il y a plusieurs semaines demeurera en vigueur pendant un an.

Si les responsables de la santé publique affirment que de telles mesures sont nécessaires pour mettre fin à une épidémie sans précédent, des groupes comme le Comité d'urgence des désastres, qui rassemble plusieurs agences humanitaires, ont prévenu lundi qu'elles privent des milliers de gens de vivres.

«La mise en quarantaine de Kenema, la troisième plus grande ville de Sierra Leone, a un impact dévastateur sur le commerce — les déplacements sont limités, donc les camions chargés de nourriture ne peuvent circuler librement, a dit le comité par voie de communiqué. Les aliments se font rares, ce qui pousse le prix de la nourriture hors de la portée des gens ordinaires.»

Puisqu'ils se retrouvent sans services, les gens sous surveillance pour des symptômes d'Ebola — et qui devraient rester chez eux — se rendent aux marchés et risquent d'en contaminer d'autres, a dit Mme Kamara.

Lorsqu'une résidence est placée en quarantaine, elle doit normalement être visitée par des équipes qui évaluent ses besoins: combien de gens y vivent, s'il y a des femmes enceintes ou des gens malades ou ayant des besoins spéciaux... Mais Mme Kamara prévient que l'explosion du nombre d'infections empêche le gouvernement de savoir combien de gens devraient être placés sous surveillance.

«Le nombre augmente de manière exponentielle, a-t-elle dit. Le virus se répand trop rapidement pour que nous puissions y répondre avec un système robuste de planification et de coordination.»

Le PAM a nourri 450 000 personnes en Sierra Leone en octobre, dont certaines qui sont en quarantaine ou traitées pour l'Ebola, a dit un porte-parole de l'agence à Dakar, au Sénégal. La distribution de vivres est difficile, a ajouté Alexis Masciarelli, puisqu'il faut utiliser des routes en mauvais état pour rejoindre des régions reculées. Certaines camionnettes doivent circuler de porte en porte,

Il a reconnu qu'il est difficile de savoir où se trouvent les gens dans le besoin, mais que le PAM demande l'aide d'organisations plus petites et bien enracinées sur le terrain.

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