POLITIQUE

Élections scolaires: un taux de participation qui frôle l'indifférence

03/11/2014 05:39 EST | Actualisé 03/11/2014 09:36 EST
Radio-Canada

Si certains doutaient encore de l'indifférence des électeurs envers les élections scolaires, l'annonce du taux de participation vient clore le débat. On apprend ce matin que le taux de participation pour l'ensemble du Québec atteint 4,86 %, un taux encore moins élevé qu'aux dernières élections en 2007, alors qu'il atteignait un peu moins de 8 %.

Dans les commissions scolaires francophones, il atteint 4,85 %, et 17,26 % dans les commissions anglophones.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), seuls 4,82 % des électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote. La présidente sortante de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, qui est en guerre ouverte avec le gouvernement Couillard depuis des mois, a été réélue, de même que tous les candidats de son parti, le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO).

La participation a également été anémique dans plusieurs autres commissions scolaires, comme celle de la Capitale, à Québec (3,9 %), celle des Draveurs, en Outaouais (3,2 %), ou celle des Patriotes, en Montérégie (5,58 %).

Elle a toutefois été beaucoup plus forte à la Commission scolaire English-Montréal : 21,2 % des électeurs inscrits se sont prononcés. Ils ont réélu Angela Mancini à la présidence pour un second mandat. L'ex-animatrice Anne Lagacé Dawson, qui se présentait contre elle, a mordu la poussière.

Une élection déterminante pour l'avenir du système scolaire

Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc, qui a laissé entendre le mois dernier que le taux de participation à ces élections pourrait être crucial pour l'avenir des commissions scolaires, est tout de même allé voter.

Rappelons qu'Yves Bolduc, qui étudie la possibilité d'abolir ou de réformer en profondeur les commissions scolaires au Québec, avait prévenu les Québécois au début octobre que le taux de participation à ces élections serait déterminant pour l'avenir de cette structure.

Or, avec près de 50 % moins de votes exprimés cette année par rapport à 2007, il semble que les électeurs se soient clairement exprimés sur la question, par leur silence et leur absence dans les bureaux de vote.

5 184 300 : le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales des commissions scolaires et des circonscriptions en élection.

L'idée de Philippe Couillard était faite

Même s'il affirmait surveiller de près ces élections, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé dimanche, le jour même du vote, qu'il comptait revoir en profondeur le mandat des différents paliers de décision du réseau scolaire.

Des déclarations qui ont provoqué la colère de la présidente de la fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard qui accuse le premier ministre Couillard d'avoir influencé les résultats en annonçant en pleine journée de vote une réforme du mandat et des responsabilités des commissions scolaires.

Une déclaration qui a fait bondir la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, qui voit dans cette déclaration une tentative d'influencer le vote.

« D'habitude, un jour d'élection, quand on est respectueux, moi je n'ai jamais vu ça. Dans n'importe quelle élection, on laisse les gens voter, et on ne fait pas des déclarations comme il [Philippe Couillard] a fait hier. »

— Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires

Le Québec compte actuellement 72 commissions scolaires : 60 francophones, 9 anglophones et 3 à statut particulier (Kattivik, du Littoral et Baie-James). Ces dernières ne tenaient toutefois pas d'élections dimanche.

L'organisation du scrutin a coûté 20 millions de dollars cette année.

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