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Le virus Ebola tue un autre médecin en Sierra Leone

03/11/2014 09:03 EST | Actualisé 03/01/2015 05:12 EST

FREETOWN, Sierra Leone - Le virus Ebola a tué un autre médecin en Sierra Leone — le cinquième à succomber à l'épidémie dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Le docteur Godfrey George, le surintendant médical de l'hôpital gouvernemental Kambia, dans le nord de la Sierra Leone, s'est éteint pendant la nuit, selon ce qu'a révélé le gouvernement.

La mort du docteur George a été annoncé par le docteur Brima Kargbo, le médecin chef de la Sierra Leone. Sa mort porte un dur coup aux efforts déployés pour assurer la sécurité des travailleurs de la santé dans un des pays les plus durement touchés par l'épidémie. Le docteur George avait été transporté vers la capitale après avoir ressenti un malaise.

Dernièrement, en Sierra Leone, l'épidémie d'Ebola s'est progressivement métamorphosée. Les infections dans les zones de l'est du pays, qui étaient auparavant les plus durement éprouvées, ont ralenti. Par contre, les cas ont commencé à augmenter dans la capitale et dans ses environs. Lundi, le gouvernement a rapporté 51 nouveaux cas confirmés dans les deux districts de l'ouest du pays, où est située la capitale, Freetown, et un seul dans les deux districts de l'est qui étaient jusqu'alors les plus gravement touchés.

Le système de santé de la Sierra Leone était déjà fragile avant le début de l'épidémie en raison de conflits antérieurs et du manque de ressources.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce pays ne comptait que deux médecins pour chaque tranche de 100 000 habitants en 2010, comparativement à environ 240 docteurs pour le même nombre de personnes aux États-Unis.

Pour combattre efficacement l'Ebola en Sierra Leone, plus d'aide internationale sera nécessaire et les citoyens n'auront d'autre choix que de modifier leurs comportements, selon Anthony Banbury, chef de la mission onusienne consacrée à ce virus.

Les autorités de la santé ne cessent de répéter que pour endiguer la propagation, il faut qu'ils cessent de toucher les malades et les corps des défunts.

«Si la population ne change pas d'attitude, plus de gens vont continuer à mourir», a martelé M. Banbury alors qu'il était de passage en Sierra Leone lundi.

Les médecins et les infirmières sont particulièrement vulnérables au virus, qui se transmet par le biais de liquides corporels infectés.

Une rencontre régionale de l'OMS qui s'ouvre lundi au Bénin s'intéresse en priorité à l'épidémie.

La directrice générale de l'organisation, la docteure Margaret Chen, a prévenu que l'épidémie a fait reculer la stabilité politique et la relance économique en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia.

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