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Commissions scolaires: Bolduc promet des «changements significatifs»

03/11/2014 11:28 EST | Actualisé 03/01/2015 05:12 EST

QUÉBEC - Sans surprise, le gouvernement Couillard a annoncé lundi qu'il apportera des «changements significatifs» à l'organisation scolaire au Québec.

Avec un taux de participation anémique aux élections de dimanche, les Québécois ont envoyé un signal clair en faveur d'une réforme de la gouvernance scolaire, a soutenu le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, en point de presse.

«Je considère qu'un taux de participation moyen de près de 5 pour cent est décevant. Le statu quo n'est plus possible, une révision s'impose. Outre la question de démocratie scolaire que cette élection a ramenée à l'avant-plan, cette faible participation de la population m'indique tout d'abord que la structure actuelle ne reflète pas les attentes de la population, notamment à cause de sa lourdeur», a déclaré le ministre.

M. Bolduc a confirmé qu'il proposera d'importants bouleversements «quant à la gouvernance, le mandat et le rôle des commissions scolaires». Il n'a pas voulu expliciter davantage ses intentions, promettant le dépôt d'un projet de loi «dans quelques mois».

Le ministre a néanmoins évoqué le regroupement de certaines commissions scolaires et une décentralisation des pouvoirs «au niveau de la classe et de l'enseignant». La structure des commissions scolaires sera aussi revue pour réduire la lourdeur bureaucratique. Est-ce que l'abolition des commissions scolaires est exclue? M. Bolduc laisse toutes les portes ouvertes.

«Je n'ai pas dit que l'abolition n'est pas une option, j'ai juste dit qu'on regardait tous les scénarios qui sont possibles. Il y a des travaux qui sont faits, mais ce qu'on veut améliorer, c'est la gouvernance pour avoir plus d'efficacité», a-t-il dit.

Après des années d'indifférence de la part des électeurs, la démocratie scolaire telle qu'elle est connue a fait son temps, juge le ministre. En outre, l'idée d'arrimer les élections scolaires avec le scrutin municipal fait son chemin.

«C'est certain qu'il va y avoir des réflexions au niveau de la démocratie scolaire, au niveau des élections scolaires. Est-ce qu'on change la façon de faire, est-ce qu'on fait des élections scolaires en même temps que les municipales? Ça diminuerait au niveau de la bureaucratie, parce que si on a une seule élection au lieu d'avoir deux élections qui coûtent un certain montant, je pense qu'il y aurait des économies à faire, puis, en plus, ça augmenterait le taux de votation», a-t-il soulevé.

Même si le taux de participation des électeurs de langue anglaise a été de quelques points plus élevé que chez les francophones, les commissions scolaires anglophones n'échapperont pas à la réforme à venir, a affirmé M. Bolduc.

«Ça va être le même type de gouvernance pour toutes les commissions scolaires», a tranché le ministre.

Selon lui, le nouveau modèle respectera les droits constitutionnels de la minorité anglophone de gérer ses institutions.

«On va tout regarder ça avec nos conseillers juridiques, on va respecter la loi», a-t-il assuré.

M. Bolduc a dit espérer obtenir le concours des nouveaux élus et des dirigeants des commissions scolaires pour mener à terme la réforme à venir.

À cet effet, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, a dit être prête à saisir «la main tendue» du ministre pour autant «qu'on ne détruise pas ce qu'on a fièrement acquis». Elle accueille favorablement la suggestion d'arrimer les élections scolaires avec les municipales.

Mme Bouchard défend son jardin. À son avis, l'abolition des commissions scolaires aurait des conséquences funestes.

«Si les décisions viennent toutes du côté administratif et qu'il n'y a pas de représentant de la population, vous allez voir plusieurs petites écoles fermer au Québec, vous allez voir plusieurs programmes ne plus tenir dans les milieux défavorisés», a-t-elle prédit.

La présidente de la Fédération attribue au travail de sape de la classe politique le faible taux de participation à la l'élection de dimanche, la première depuis 2007. Elle reproche au gouvernement et à l'opposition péquiste de «jouer le jeu» de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui milite depuis des années pour l'abolition des commissions scolaires.

«Ils ont tellement peur de la CAQ qu'ils s'en rapprochent de plus en plus, ils vont chercher des propositions de la CAQ et, à mon avis, ça crée beaucoup de confusion et personne n'y gagne et surtout, ceux qui ne gagneront pas ce sont les élèves», a-t-elle estimé.

Confortée dans ses opinions, la CAQ croit que le gouvernement libéral a faire une erreur en engloutissant 20 millions $ pour des élections boudées par la population.

«Ils auraient clairement dû y penser avant d'aller de l'avant avec des élections boudées par 19 Québécois sur 20. C'était une catastrophe annoncée», a affirmé le porte-parole de la CAQ en matière d'éducation, Jean-François Roberge, dans un communiqué.

La CAQ propose de transformer les commissions scolaires en «centres de services» et de recentrer la démocratie dans les écoles.

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