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Recours collectif : les frères de Sainte-Croix vont se défendre

02/11/2014 06:29 EST | Actualisé 02/11/2014 06:29 EST
Radio-Canada

Les procédures pour le deuxième recours collectif contre les frères de Sainte-Croix concernant des allégations d'agressions sexuelles qui se seraient déroulées durant les années 1950 et 1960, débuteront lundi à Montréal. Mais si les frères ont accepté de régler le premier recours collectif par une entente de plus de 18 millions de dollars, cette fois-ci, ils ont une autre stratégie en tête.

En juillet 2013, les 206 personnes agressées sexuellement alors qu'elles fréquentaient une institution gérée par la Congrégation des frères de Sainte-Croix pouvaient crier victoire. Après cinq ans d'attente, elles étaient enfin indemnisées.

Quelques mois plus tard, un deuxième recours est déposé contre les Sainte-Croix pour des actes commis dans d'autres maisons d'enseignement, ainsi qu'à l'oratoire Saint-Joseph.

La différence : cette fois-ci, les Sainte-Croix ont la ferme intention de se défendre. Une attitude incompréhensible, selon Sébastien Richard, le porte-parole des présumées victimes.

« Il y a plusieurs agresseurs qu'on a identifiés, non seulement qu'on a identifié dans le premier recours, mais pour lequel les Sainte-Croix ont admis les agressions subies et là on se retrouve dans un deuxième recours où ils s'y retrouvent, et là on conteste. »

— Sébastien Richard, le porte-parole des présumées victimes

De plus, mardi prochain, l'avocat des Sainte-Croix va demander à la cour de retirer de la preuve déposée au nouveau recours collectif, un reportage de l'émission Enquête sur les crimes commis par les frères. Mais aussi un document compromettant, écrit par l'avocat des Sainte-Croix, Émile Perrin, qui laisse entendre que la Congrégation était au courant des agressions sexuelles, mais qu'elle n'a rien fait.

« Ça, c'est l'élément qui les fatigue parce qu'on ouvre toute la porte des dommages exemplaires, des dommages punitifs, et c'est ça qui est fatiguant pour eux. Donc, ils veulent discrètement écarter cette chose-là », estime Me Alain Arsenault, avocat au recours collectif.

Dans l'espoir de faire plier les Sainte-Croix, Sébastien Richard a même écrit au pape François en lui demandant d'intervenir directement auprès de la Congrégation. Mais pour l'instant, il n'a reçu qu'un accusé de réception.

« Il est nécessaire que si les Sainte-Croix ont un minimum de compassion et un minimum de décence et de conséquence entre le premier et le deuxième recours, qu'on laisse faire les procédures et qu'on règle », dit-il.

La Congrégation de Sainte-Croix nous a répondu par écrit qu'elle s'abstiendrait de commenter cette cause avant qu'elle ne soit entendue par le tribunal.

Pour l'instant, plus d'une vingtaine de personnes qui disent avoir été agressées durant les années 1950 et 1960 se sont inscrites au deuxième recours collectif.