POLITIQUE

PKP: Une fiducie n'est pas suffisante, dit l'homme d'affaires Charles Sirois

02/11/2014 09:05 EST | Actualisé 02/11/2014 09:05 EST
Patrick Lauzon via FOTOimage

QUÉBEC - Une fiducie sans droit de regard n'empêchera pas le député péquiste Pierre Karl Péladeau d'être informé des activités de son conglomérat Québecor, a déclaré l'homme d'affaires Charles Sirois.

M. Sirois, cofondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ), participait en fin de semaine au premier congrès du parti politique à Trois-Rivières, à titre de panéliste.

Devant les inquiétudes de ses adversaires qui craignent les risques de conflit d'intérêts, M. Péladeau, élu député péquiste en avril, a promis de placer volontairement ses actifs dans une fiducie s'il est élu chef du Parti québécois, une exigence réservée seulement aux membres du conseil des ministres.

M. Péladeau réfléchit actuellement à la possibilité d'être candidat dans la course à la direction du PQ.

En marge du congrès, M. Sirois, fondateur et président du conseil de Telesystem, une entreprise du secteur des technologie et des médias, a souligné que les activités de Québecor, qui exploite notamment l'entreprise de télécommunications Vidéotron et le réseau TVA, sont concentrées au Québec, ce qui augmente les risques de conflit d'intérêts.

M. Sirois a observé que les principaux actifs de M. Péladeau, ses actions du conglomérat Québecor, font l'objet d'un rapport trimestriel public puisque l'entreprise est cotée en Bourse.

Selon M. Sirois, le concept de fiducie, qui permet à un gestionnaire de faire des transactions sans que le propriétaire n'en soit informé, est peu approprié pour la situation de M. Péladeau.

"C'est une compagnie publique qui produit des rapports à tous les trimestres et des rapports annuels, il va les lire, il va savoir exactement ce que l'entreprise va faire, a-t-il dit lors d'un point de presse. Ce n'est pas 'blind', ce n'est pas possible."

M. Sirois, qui n'a pas voulu dire si M. Péladeau doit vendre ses actifs, a estimé que les risques de conflit d'intérêts iront grandissant si M. Péladeau obtient davantage de responsabilités.

"Plus le poste va être élevé plus ça va être difficile", a-t-il dit.

À titre de ministre, a expliqué M. Sirois, il ne pourrait exercer de fonctions reliées à son entreprise mais comme premier ministre, il serait totalement exposé aux risques puisque tous les dossiers sont sous sa responsabilité.

"Presque 100 pour cent des revenus de Québecor sont basés au Québec, c'est quelque chose de fondamental, a-t-il dit. À peu près dans l'ensemble des décisions du gouvernement il pourra arriver un questionnement de la population sur la prise de décision et je pense que ce n'est pas très sain."

M. Sirois croit que le profil de l'entreprise de M. Péladeau pose davantage problème car elle est active dans le secteur des télécommunications.

"Ce n'est pas Aldo Chaussures, c'est de l'infrastructure fondamentale dans l'économie", a-t-il dit.

Concernant une enquête du commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale, à la suite d'interventions de M. Péladeau dans un dossier relié à Québecor, M. Sirois croit qu'il s'agit d'une erreur de débutant.

"Je pense que c'est plus du rôdage que d'autres choses, a-t-il dit. Moi je viens du monde des affaires et j'essaie de comprendre le monde politique, c'est un monde mais totalement différent et il va falloir donner la chance au coureur. Je peux vous garantir que n'importe qui du monde des affaires pourrait faire ce genre d'erreurs là sans arrière pensée."

La CAQ estime que M. Péladeau ne peut pas conserver ses actions et continuer à faire de la politique, pour éviter toute atteinte à l'apparence d'indépendance des médias qui composent son entreprise.

Le chef caquiste François Legault connaîtra dimanche le résultat du vote premier vote de confiance des militants auquel il est soumis depuis la fondation de son parti, il y a moins de trois ans.

Présente elle-aussi au congrès de la CAQ, l'ancienne animatrice de TVA Jocelyne Cazin croit que son ancien patron Pierre Karl Péladeau doit choisir entre ses actions de Québecor et son implication politique pour éviter les conflits d'intérêt.

"S'il est député, il ne peut pas être homme d'affaires, ça c'est une évidence pour moi, a-t-elle dit. Il a un choix difficile à faire à l'heure actuelle."

Mme Cazin était au congrès pour animer une conférence. Mme Cazin avait décliné une offre de la CAQ, qui lui avait proposé d'être candidate aux élections de 2102.

"Il n'y a pas une journée où Pierre Karl Péladeau, quand il sera dans une réunion ou un caucus, où il ne devra pas se lever parce qu'il va se retrouver dans une situation de conflit d'intérêts", a-t-elle dit.

Mme Cazin a affirmé que, du temps où elle animait son émission J.E., elle n'avait jamais subi de pression de la part de son ancien patron, élu député du PQ en avril dernier.

"À ma connaissance Pierre Karl Péladeau n'est jamais intervenu en tout dans ce qui me concernait, dans mes émissions, a-t-elle dit. Je ne l'ai jamais vu venir dans mon bureau ou téléphoner pour me dire: Jocelyne tu ne peux pas parler de ça."

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