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Le Canada devrait entraîner des forces terrestres, selon l'Armée syrienne libre

02/11/2014 03:20 EST | Actualisé 02/01/2015 05:12 EST

KOWEÏT, Koweït - Un haut dirigeant de l'opposition syrienne affirme que les ressources du Canada seraient utilisées à meilleur escient si elles étaient consacrées à entraîner des forces terrestres pour reprendre les territoires dont s'est emparé le groupe extrémiste État islamique (ÉI).

Le général de brigade Hussam Alawak, chef du renseignement du Mouvement des officiers libres, une filiale de l'Armée syrienne libre, remet en question le fait que le Canada fournisse des avions de combat pour participer à la campagne aérienne de la coalition menée par les États-Unis contre le groupe ÉI.

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Alawak a également prévenu que de nouvelles armes antiaériennes, qui menacent les avions de la coalition, proviennent d'arsenaux libyens volés, et que des armes plus puissantes pourraient surgir.

Des missiles chinois guidés par infrarouge FN-6, connus sous le nom de Manpads, ont commencé à apparaître en Irak et M. Alawak soutient qu'ils proviennent d'une réserve de milliers d'armes, fournies par le Qatar à des combattants anti-Kadhafi, et qui seraient tombées aux mains d'extrémistes libyens après la campagne aérienne de l'OTAN en 2011.

Les armes auraient été transférées en Syrie par le biais d'un entrepôt en Turquie qui appartient à des extrémistes.

Selon M. Alawak, la présente campagne aérienne de la coalition ne parviendra pas à déloger les militants armés du groupe État islamique et pourrait contribuer au recrutement d'extrémistes. Il affirme que la campagne aérienne sera «presque inutile» au final, et que les efforts principaux devraient être consacrés à former des armées de libération.

«Si le Canada veut continuer quelque chose d'inutile, c'est sa décision», a-t-il dit par le biais d'un traducteur.

Hussam Alawak, qui était un important agent au service du renseignement des forces aériennes syriennes avant de s'opposer au régime de Bachar el-Assad, a salué la position claire du gouvernement Harper contre le régime el-Assad et les efforts du Canada pour accueillir des réfugiés syriens. Il a toutefois mentionné la mission récemment terminée d'entraînement militaire en Afghanistan, comme exemple de mesure plus efficace que l'armée canadienne pourrait prendre.

Avant le départ en Irak des avions de combat, les dirigeants militaires canadiens avaient indiqué que Washington avaient déjà sondé ses alliés sur une telle opération.

Il faut «mettre les forces de la sécurité irakienne sur leurs pieds et être capables de mener des opérations au sol» contre les militants ennemis, avait déclaré le lieutenant-général Jonathan Vance, le 17 octobre. «Cela prendra du travail au niveau de l'entraînement. Il ne serait pas complètement inattendu que les États-Unis se tournent vers des partenaires de confiance, entre autres l'OTAN, pour en discuter.»

Aux États-Unis, des médias ont rapporté que l'OTAN avait été approchée par Washington pour l'organiser, mais un porte-parole a indiqué qu'il faudrait qu'une demande formelle soit faite de la part du gouvernement irakien. Aucune demande en ce sens n'a été reçue à date, mais l'offre tient, a indiqué le porte-parole dans un courriel la semaine dernière.

Les frappes aériennes des avions canadiens se sont poursuivies au cours du week-end, après les premières sorties des engins la semaine dernière. L'armée refuse toutefois de fournir des détails mis à jour ou de commenter les opérations.

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