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Le Burkina Faso dans la tourmente politique après l'exil du président

02/11/2014 08:26 EST | Actualisé 02/01/2015 05:12 EST

OUAGADOUGOU, Burkina Faso - Des coups de feu ont été entendus à l'extérieur des bureaux de la télévision d'État du Burkina Faso, dimanche, alors qu'une politicienne de l'opposition s'apprêtait à annoncer qu'elle avait pris le contrôle du pays, plongé dans la tourmente politique depuis le départ forcé du président.

Environ 1000 personnes s'étaient pourtant réunies sur la place de la Nation, à Ouagadougou, pour demander une transition démocratique menée par les autorités civiles.

La politicienne de l'opposition Saran Sérémé et ses partisans s'étaient rendus à la télévision d'État pour annoncer qu'elle prenait les rennes de ce pays de l'Afrique de l'Ouest.

L'arrivée en trombe du général Kwame Lougué a toutefois empêché Mme Sérémé de mener à terme son projet. L'armée a ensuite déployé plusieurs véhicules dans les rues menant aux bureaux de la télévision.

L'incertitude règne au Burkina Faso depuis que Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, a démissionné vendredi et quitté le pays pour se rendre en Côte d'Ivoire. Des manifestations violentes pour réclamer son départ avaient eu lieu dans les jours précédents.

L'armée a nommé officiellement samedi le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida comme chef de la transition. Elle n'a pas fourni de plus amples détails sur ce qu'il adviendrait dans les prochaines semaines.

Plusieurs militants politiques se sont ralliés à M. Zida, alors que d'autres ont plutôt questionné sa légitimité.

Le chef de l'opposition, Stanislas Bénéwendé Sankara, rejette l'autorité du lieutenant-colonel. «L'armée ne peut pas nous diriger, ils se sont disqualifiés. Ceci est le résultat d'une insurrection populaire», a-t-il expliqué.

Les États-Unis et l'Union africaine ont aussi condamné la prise de pouvoir de l'armée. «Nous demandons aux militaires de donner le pouvoir aux autorités civiles», a plaidé la porte-parole du département d'État américain, Jen Psaki.

La présidente de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a aussi appelé à une transition menée par les civils, qui culminerait par la tenue d'élections le plus tôt possible.

«Elle souligne le devoir et l'obligation des forces de défense et de sécurité de se placer à la disposition des autorités civiles qui devraient mener la transition et agir dans un esprit républicain», est-il écrit dans un communiqué publié par son bureau.

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