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Ukraine: Alexandre Zakhartchenko élu «président» de Donetsk

02/11/2014 09:48 EST | Actualisé 02/11/2014 09:48 EST
DIMITAR DILKOFF via Getty Images
Pro-Russian gunmen guard Alexander Zakharchenko (C), Prime Minister of the self-proclaimed Donetsk Peoples Republic and presidential candidate on October 31, 2014 in Donetsk. The leaders of Ukraine, Germany and France urged Russian President Vladimir Putin on October 31 not to recognise leadership polls that pro-Russian separatists are planning to hold during the weekend in eastern Ukraine. AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF (Photo credit should read DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images)

Fils de mineur, commandant d'unités rebelles face aux Ukrainiens, le "Premier ministre" de la "République de Donetsk" Alexandre Zakhartchenko a été élu dimanche président de cette région séparatiste prorusse de l'est de l'Ukraine, selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote.

M. Zakhartchenko a obtenu plus de 81% des voix, contre 9% à chacun de ses deux concurrents, selon ce sondage rendu public par le chef de la "commission électorale" locale rebelle Roman Liaguine.

Son ambition : "Construire un nouvel Etat, qui deviendra légitime après les élections, et récupérer les territoires de l'Est actuellement sous contrôle ukrainien", a-t-il souligné vendredi lors d'une rencontre à Donetsk avec des étudiants.

Cet homme d'affaires de 38 ans, qui dit avoir vendu son entreprise pour financer un groupe militaire rebelle, a participé à l'assaut du siège de l'administration régionale à Donetsk le 16 avril par les séparatistes. Cet événement fondateur de la révolte contre Kiev a été suivi par la proclamation de l'indépendance de la "République de Donetsk" et de celle voisine de Lougansk puis par des combats qui ont déjà fait plus de 4 000 morts.

Sa biographie officielle insiste sur le fait que son père a travaillé comme mineur pendant 30 ans, un point important dans cette région du Donbass où toute l'économie tourne autour du bassin minier.

Zakhartchenko a été l'un des chefs militaires de Slaviansk, bastion séparatiste repris en juillet par les forces ukrainiennes après plus de deux mois de violents combats. Il n'a cependant pas la notoriété de chefs de guerre comme "Motorola" ou "Guivi", qui opèrent aujourd'hui dans la zone de l'aéroport de Donetsk et jouissent d'une solide réputation parmi les rebelles.

Alexandre Zakhartchenko a été nommé "Premier ministre" en août dernier quand plusieurs citoyens russes qui occupaient les principales fonctions au sein de la "République de Donetsk" ont été remplacés par des personnalités locales, dans un processus marquant apparemment un tournant dans la façon dont le Kremlin entendait voir des Russes impliqués officiellement dans la situation.

Reprendre des villes par la force

M. Zakhartchenko a toujours démenti avec la plus grande vigueur la présence de soldats russes qui seraient venus aider les rebelles de l'est de l'Ukraine : "Si la Russie avait envoyé ses troupes ici, nous parlerions de combats aux abords de Kiev ou de la prise de Lviv (ouest de l'Ukraine)", répond-il à ces accusations maintes fois répétées par Kiev, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Il s'est en revanche félicité de la présence de "milliers de volontaires" venus de Russie: "Les volontaires russes sont toujours les premiers à aider d'autres peuples dans leur lutte pour la liberté et l'indépendance : cela a été le cas en Espagne, en Serbie et aujourd'hui chez nous".

M. Zakhartchenko a été l'un des participants des négociations ayant abouti aux accords de Minsk du 5 septembre, qui portent sur un cessez-le-feu et ouvrent théoriquement la voie à un processus de paix. "Nous respectons tout ce que nous avons signé à Minsk", a-t-il assuré.

Mais il a annoncé vouloir reprendre par la force plusieurs villes de l'est et du sud de l'Ukraine, dont le grand port de Marioupol, actuellement sous contrôle ukrainien : "Nous devons récupérer tous les territoires qui nous appartiennent, par la négociation ou autrement", a-t-il insisté en affirmant "se préparer à la guerre" et s'attendre à la reprise "de combats de grande intensité".

Alexandre Zakhartchenko ne se fait pas trop d'illusions sur la reconnaissance de sa république autoproclamée : "Très vraisemblablement, nous n'allons pas être reconnus. D'un côté, c'est mal. De l'autre, c'est très bien. Ne pas être reconnu signifie gagner plus et n'avoir aucune obligation internationale", a-t-il affirmé, sans préciser sa pensée.

A Lougansk, le président de la "République" rebelle, Igor Plotnitski, a lui aussi toutes les chances d'être élu. Comme M. Zakhartchenko, il faisait face à des candidats quasiment inconnus.

Cet ancien militaire de 50 ans à la carrure massive s'est reconverti dans les affaires après la chute de l'URSS, puis dans la défense des consommateurs. Après avoir occupé le poste de "ministre de la Défense" du territoire séparatiste, il a été nommé à la tête de la "République de Lougansk" en août dernier, prenant la place du leader séparatiste Valeri Bolotov, blessé dans un attentat.

M. Plotnitski a été accusé jeudi dernier par la justice de Kiev d'avoir transféré en Russie la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, capturée par les rebelles au cours de combats. Mme Savtchenko est accusée par Moscou d'avoir participé à une opération ayant provoqué la mort de deux journalistes russes en juin dans l'est de l'Ukraine.

Très attaché au passé soviétique et à l'héritage communiste, comme la plupart des responsables rebelles, Igor Plotnitski a qualifié de "génocide moral" le démontage d'une statue de Lénine à Kharkiv, grande ville de l'est de l'Ukraine restée sous contrôle de Kiev.

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