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Yémen: les rebelles chiites lancent un ultimatum au gouvernement

31/10/2014 06:45 EDT | Actualisé 31/12/2014 05:12 EST

ADEN, Yémen - Les rebelles chiites du Yémen, qui contrôlent la capitale Sanaa, ont donné dix jours au président pour former un gouvernement, vendredi.

Les membres de ce groupe chiite, les Houthis, ont rallié près de 30 000 chefs de tribus à Sanaa pour avertir le président Abed Rabbo Mansour que «toutes les options révolutionnaires étaient ouvertes» s'il ne répondait pas à leur demande.

En vertu d'une entente négociée avec l'Organisation des Nations unies (ONU) visant à résoudre la crise politique au pays, le président devait nommer un nouveau premier ministre en consultant deux conseillers, un des Houthis et un de la région du sud.

Par la suite, le président serait appelé, avec le nouveau premier ministre, à nommer des ministres au cabinet, qui présenteraient leur programme au Parlement le mois suivant.

Depuis la nomination du premier ministre Khaled Bahah il y a un peu plus de deux semaines, les partis ne sont pas parvenus à s'entendre sur les modalités du nouveau gouvernement.

Le président Hadi avait proposé de donner neuf sièges du cabinet au parti au pouvoir. Les autres partis se diviseraient neuf sièges, alors que les Houthis et les habitants du sud récolteraient six sièges chacun. Le président aurait lui-même nommé quatre ministres dits «souverains».

Les partis politiques ont toutefois refusé cette offre en présentant deux options, soit que les 24 factions obtiennent chacune un poste, soit que seulement des technocrates indépendants soient nommés au cabinet.

Un proche du président a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que le premier ministre Bahah tentait actuellement d'en arriver à un compromis avec tous les partis.

L'entente onusienne, signée par les rebelles chiites et tous les autres partis politiques, édictait que les Houthis allaient retirer leurs troupes de toutes les villes yéménites, en plus de redonner toutes les casernes à l'armée.

Vendredi, toutefois, les rebelles tenaient un tout autre discours, appelant à la création de comités révolutionnaires à travers le pays, afin de combattre les militants d'Al-Qaïda et d'éradiquer la corruption.

Le président Hadi avait affirmé il y a quelques jours que seules les troupes gouvernementales avaient la légitimité de défendre le pays contre les terroristes.

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