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Un général s'empare du pouvoir au Burkina Faso

31/10/2014 06:26 EDT | Actualisé 31/12/2014 05:12 EST

OUAGADOUGOU, Burkina Faso - Un général de l'armée burkinabée s'est emparé du pouvoir vendredi, après la démission du président Blaise Compaoré.

La radio officielle a annoncé que le pouvoir se trouve maintenant entre les mains du chef d'état-major, le général Honoré Traoré.

M. Compaoré avait précédemment annoncé sa démission par voie de communiqué, dans la foulée d'importantes manifestations populaires réclamant son départ.

Des manifestants de l'opposition rassemblés sur une place de la capitale ont laissé éclater leur joie quand ils ont entendu l'annonce sur des radios portables.

Ils s'étaient rassemblés dans les rues de la capitale pour une deuxième journée de suite.

M. Compaoré dirigeait le Burkina Faso depuis 27 ans.

«Je déclare que je quitte le pouvoir pour permettre la tenue d'une élection libre et transparente dans 90 jours, a-t-il déclaré lors d'un communiqué lu à la télévision et à la radio. Pour ma part, je crois m'être acquitté de mon devoir.»

L'homme de 63 a dit avoir choisi de se retirer «à la lueur d'une situation sociopolitique qui s'est grandement détériorée, de la menace d'une division au sein de notre armée et d'un désir de préserver la paix».

Une coalition de l'opposition demande depuis des mois à M. Compaoré de ne pas chercher à être élu pour un cinquième mandat. L'ancien président et ses alliés semblaient toutefois sur le point, jeudi, de faire adopter une loi qui lui aurait permis d'être de nouveau candidat, l'an prochain.

Jeudi, des manifestants ont envahi et partiellement incendié le parlement du pays pour empêcher la tenue du vote. L'armée avait ensuite annoncé la dissolution de l'assemblée législative et qu'un gouvernement intérimaire serait créé. M. Compaoré avait plus tard déclaré qu'il continuerait à diriger le pays jusqu'aux prochaines élections.

Les manifestants avaient toutefois rejeté ce plan et s'étaient de nouveaux massés vendredi pour réclamer la démission immédiate du président.

Un diplomate français a révélé, sous le couvert de l'anonymat, que M. Compaoré a maintenant pris la direction de la ville de Po, dans le sud du pays, près de la frontière avec le Ghana. On ne sait pas s'il a l'intention de quitter le pays et il n'a pas demandé l'aide de la France, l'ancienne puissance coloniale.

M. Compaoré avait pris le pouvoir en 1987, après un coup d'État qui avait coûté la vie à son ami de longue date et partenaire politique, l'ancien président Thomas Sankara.

M. Compaoré a été réélu à quatre reprises depuis, mais l'opposition contestait ces résultats.

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