DIVERTISSEMENT

Le roman jeunesse «La plus grosse poutine du monde» récompensé

30/10/2014 10:59 EDT | Actualisé 30/10/2014 10:59 EDT
Marc Labrèche

L'auteure franco-ontarienne Andrée Poulin a remporté mardi le Prix TD 2014 de littérature canadienne pour l'enfance et la jeunesse pour son livre La plus grosse poutine du monde (Bayard).

Ce roman jeunesse, à la fois drôle et tragique, aborde le sujet délicat de l'abandon à travers l'histoire de Thomas.

À 14 ans, le jeune garçon décide de cuisiner la plus grosse poutine du monde pour entrer dans le Livre des records Guinness.

Il espère que son exploit fera le tour de la planète et lui permettra de revoir sa mère. Car, le jour de ses 5 ans, elle lui a préparé la meilleure poutine du monde avant de disparaître.

Andrée Poulin a reçu une bourse de 30 000 dollars, et son éditeur, 2500 dollars pour la promotion du livre.

De leur côté, les quatre finalistes du prix, Élizabeth Turgeon (Destins croisés), Marianne Dubuc (Le lion et l'oiseau), Jasmine Dubé et Jean-Luc Trudelse (Ma petite boule d'amour) et India Desjardins et Pascal Blanchet (Le Noël de Marguerite) se partageront un montant de 10 000 $.

Sur le site de Communication jeunesse, l'auteure explique que c'est en tombant par hasard sur une vidéo montrant des étudiants d'une polyvalente du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui tentaient de préparer la plus grosse poutine du monde qu'elle a eu l'idée de ce roman.

« Tiens, me suis-je dit, voilà un excellent sujet de roman. »

— Andrée Poulin

Andrée Poulin a grandi en banlieue d'Ottawa. Elle habite maintenant à Aylmer, en Outaouais. Journaliste devenue auteure, elle a publié plus d'une trentaine de livres qui lui ont valu plusieurs distinctions et prix littéraires. Elle a écrit des albums illustrés pour les 3 à 6 ans, des miniromans pour premiers lecteurs, plusieurs romans pour les 9 à 13 ans ainsi que 2 romans pour adolescents. La plus grosse poutine du monde est un roman destiné aux 10 ans et plus.

Extrait :

« Au magasin, ma mère m'a expliqué :

- Si les grains de fromage font scouiche-scouiche quand tu les manges, c'est qu'ils sont frais.

De retour à la maison, je l'ai aidée à préparer la sauce brune. Elle a fait frire les patates dans une immense marmite. J'entends encore le grésillement joyeux des frites dans l'huile.

Une fois la poutine prête, ma mère a piqué cinq chandelles dans la montagne de frites. Cinq chandelles vert sapin. Elle a chanté Bonne fête tandis que les larmes roulaient sur ses joues. Mon père travaillait, mais son absence m'importait peu.

Ce soir-là, ma mère m'a bordé, puis s'est assise sur le plancher, à côté de mon lit. Ses cheveux sentaient l'huile des frites. Les paupières à demi closes, j'observais son profil en ombre chinoise sur mon mur. Je trouvais étrange qu'elle reste aussi longtemps près de mon lit, dans le noir. Je ne comprenais pas pourquoi elle pleurait pour la troisième fois ce jour-là.

Le lendemain, à mon réveil, ma mère était partie. Je ne l'ai jamais revue. »

— Andrée Poulin, extrait de La plus grosse poutine du monde

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