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Jian Ghomeshi veut répondre aux allégations des 8 femmes

30/10/2014 11:32 EDT | Actualisé 30/12/2014 05:12 EST
Jag Gundu via Getty Images
WINNIPEG, MB - MARCH 29: Jian Ghomeshi the host of the Juno Awards Gala on March 29, 2014 in Winnipeg, Canada. (Photo by Jag Gundu/Getty Images)

TORONTO - CBC va embaucher une entreprise externe pour mener une enquête sur les allégations portées contre l'ancien animateur de l'émission de radio «Q», Jian Ghomeshi.

Une note d'information provenant de Heather Conway, une responsable du service anglais de la société d'État, précise que cette décision fait suite à des «informations concernant des gestes déplacés commis envers des employés de CBC». Selon des reportages du «Toronto Star» et de CBC, plusieurs femmes auraient été victimes du «comportement abusif» de M. Ghomeshi.

CBC estime que ces informations sont «extrêmement déconcertantes et suscitent des inquiétudes». La note d'information souligne que la société d'État est en voie de sélectionner une entreprise pour «mener une enquête rigoureuse et indépendante pour aller au-delà de ce qui a déjà été accompli». On y fait aussi savoir que CBC a mis des conseillers à la disposition de ses employés qui pourraient être touchés par cette affaire.

M. Ghomeshi a publié un message sur Facebook jeudi pour remercier ceux qui l'ont soutenu, ajoutant qu'il avait l'intention «de répondre aux allégations directement». Dans son bref message, il a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de discuter de «cette affaire» avec les médias.

Le message a été publié après un reportage du «Toronto Star» qui avance que huit femmes accusent désormais M. Ghomeshi de comportement violent.

Les noms des femmes n'ont pas été publiés, sauf pour celui de l'actrice de «Trailer Park Boys», Lucy DeCoutere, qui a choisi de le dévoiler publiquement.

Mme DeCoutere, qui est aussi capitaine de l'Aviation royale canadienne au Nouveau-Brunswick, a déclaré avoir choisi de s'identifier afin d'aider d'autres femmes qui accusent M. Ghomeshi d'avoir commis des gestes plus graves.

Le «Toronto Star» a précisé que M. Ghomeshi, ses avocats et ses relationnistes n'ont pas répondu aux accusations incluses dans le plus récent article, qui contient des témoignages de Mme DeCoutere et d'autres femmes ayant préféré ne pas être nommées. Une porte-parole de M. Ghomeshi n'a pas répondu à la demande d'entrevue de La Presse Canadienne.

M. Ghomeshi a déjà avoué avoir eu des relations sexuelles brutales, mais en précisant que celles-ci avaient toujours eu lieu avec le consentement de ses partenaires.

Mme DeCoutere a précisé en entrevue à l'émission «The Current», diffusée à CBC, que son histoire n'était pas aussi troublante que celles qui ont été racontées sous le couvert de l'anonymat.

«Parler de mon histoire est un peu contrariant, mais ce n'est pas traumatisant. Je n'ai pas été terriblement blessée par lui, a-t-elle confié. Ce sont les femmes qui en ont parlé et qui ne veulent pas révéler leur identité. Elles ont de toute évidence l'impression qu'elles seront ciblées, en quelque sorte, et qu'elles subiront des conséquences négatives de tout cela. Cela ne me dérange pas.»

Certaines des autres présumées victimes ont dit au «Toronto Star» qu'elles craignaient de subir des répercussions en ligne si elles permettaient au quotidien de publier leur nom. Admettant qu'elle était peut-être «naïve», Mme DeCoutere a dit qu'elle ne craignait pas de telles conséquences.

«Je suis certaine qu'il y a un risque que je me fasse attaquer en ligne, mais ça m'importe peu, a-t-elle dit lors de l'émission. Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas une mauvaise personne, et ceux qui ne me connaissent pas ne font pas partie de ma vie.»

Elle a ajouté: «Je vais le subir si cela signifie qu'une autre personne n'aura pas à le faire, parce qu'elle doit peut-être composer avec quelque chose de plus grave».

Mme DeCoutere a affirmé qu'elle n'avait pas communiqué avec la police après son rendez-vous avec M. Ghomeshi, expliquant qu'elle s'était sentie confuse et perplexe.

M. Ghomeshi a déposé une poursuite de 55 millions $ contre CBC pour «bris de confiance», «mauvaise foi» et «diffamation». La société d'État a affirmé qu'elle se défendrait «vigoureusement» contre de telles accusations.

Dimanche soir, après que CBC eut annoncé qu'elle rompait ses liens avec son animateur vedette, M. Ghomeshi a publié sur Facebook un long message dans lequel il affirmait avoir été congédié en raison de ses préférences sexuelles.

Par ailleurs, le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a appelé de manière plus générale «toute personne» ayant été victime d'une agression sexuelle à rapporter celle-ci aux autorités. Aucune des présumées victimes de l'ex-animateur de radio n'a officiellement porté plainte.

M. Blair a par ailleurs confirmé qu'aucune enquête n'était en cours en ce moment. «Si vous êtes victime d'une agression sexuelle, et pas seulement dans l'affaire qui nous préoccupe en ce moment, je vous encourage à vous manifester et à rapporter la situation», a-t-il indiqué à la presse.

De son côté, l'Université Carleton à Ottawa a annoncé qu'elle faisait enquête sur une allégation impliquant M. Ghomeshi et, possiblement, une étudiante ou une diplômée de son programme de journalisme.

Pendant ce temps, des musiciens et des auteurs connus au pays ont ajouté leurs noms à une pétition visant à soutenir les femmes s'étant manifestées comme présumées victimes de la vedette de l'émission «Q».

Autre mauvaise nouvelle pour l'ex-animateur, la firme de gestion de relations publiques Navigator — les spécialistes de la gestion de crise qui auraient dirigé les opérations durant les premières heures de l'affaire — a indiqué qu'elle ne représentait plus M. Ghomeshi, qui a aussi été abandonné par son publiciste, Rock-it Promotions.

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