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Les films à l'affiche, semaine du 31 octobre: «Before I Go To Sleep», «Birdman», «Le Rôdeur»... (PHOTOS)

30/10/2014 03:04 EDT | Actualisé 30/10/2014 03:14 EDT
Mediafilm

Se réveiller chaque matin sans se souvenir de la veille? Soupçonner son mari de cacher des détails importants? C'est ce que vit Christine Lucas dans Before I Go To Sleep. Découvrira-t-elle la vérité?

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Films de la semaine - 31 octobre 2014

BEFORE I GO TO SLEEP

États-Unis. 2014. 92 min.

Thriller de Rowan Joffe avec Nicole Kidman, Colin Firth, Mark Strong, Anne-Marie Duff, Adam Levy.

À la suite d'un traumatisme crânien, Christine Lucas se réveille chaque matin en n'ayant aucun souvenir de sa journée précédente. Pire, au sortir du lit, elle croit encore avoir 27 ans alors qu'elle en a 40. Plein de sollicitude, son mari Ben, qu'elle ne reconnaît jamais, a collé sur les murs des photos témoignant de leur passé commun, ainsi que divers aide-mémoire pour lui permettre de fonctionner dans sa vie quotidienne. Par ailleurs, chaque matin depuis deux semaines, Christine reçoit un appel téléphonique de la part du docteur Nasch, un neuropsychiatre qui la soigne en cachette de Ben. Suivant les indications de son médecin, elle récupère un appareil photo dissimulé dans son garde-robe, grâce auquel elle constitue graduellement un journal vidéo. Or, à mesure qu'elle en apprend davantage sur son passé, Christine constate que Ben lui cache des choses, notamment sur les circonstances véritables de l'événement qui a causé son amnésie. En proie à un tumulte émotionnel, elle en vient également à se demander si le docteur Nasch n'essaie pas de la manipuler.

Rowan Joffe (BRIGHTON ROCK) adapte fidèlement le roman à succès de S.J. Watson, trous narratifs et invraisemblances inclus. Bien qu'élégante et parfois angoissante, la mise en scène se fait lourde dans sa création d'effets dramatiques. Nicole Kidman joue de façon sensible la désorientation et la peur, face aux solides Colin Firth et Mark Strong.

BIRDMAN OU (LES VERTUS DE L'IGNORANCE)

États-Unis. 2014. 119 min.

Comédie dramatique de Alejandro Gonzalez Inarritu avec Michael Keaton, Emma Stone, Edward Norton, Naomi Watts, Andrea Riseborough, Zach Galifianakis.

Riggan Thomson est une ex-star hollywoodienne, jadis célèbre pour avoir incarné à l'écran le super-héros Birdman. Aujourd'hui oublié, il tente de se refaire une crédibilité en écrivant et en mettant en scène une pièce dramatique, dans laquelle il tiendra le premier rôle. Mais à trois jours de la première sur Broadway, Riggan est saisi par les doutes, coincé entre les récriminations de sa fille, les pressions d'une nouvelle flamme, les conseils de son ex et l'égo démesuré d'un comédien qui semble décidé à lui voler la vedette. Sans oublier le fantôme de Birdman, qui revient périodiquement le confronter à ses choix passés, présents et futur. Et lui rappeler qu'il fut une époque où lui-même avait des ailes...

Éblouissant tour de force dramatique et audiovisuel, cette comédie existentielle mêle humour et désespoir au fil d'une réflexion éclatée sur le succès et la créativité. Hormis quelques petites errances, l'ensemble séduit par sa conception ambitieuse, sa mise en scène flamboyante et le jeu audacieux de Michael Keaton, qui trouve ici le rôle de sa vie.

LA CARTE DES ÉTOILES

Canada. 2014. 112 min.

Drame de moeurs de David Cronenberg avec Mia Wasikowska, Julianne Moore, Evan Bird, John Cusack, Robert Pattinson, Olivia Williams, Sarah Gadon.

Agatha, une jeune femme au corps couvert de brûlures, débarque de sa Floride à Hollywood. Par l'entremise de son amie Carrie Fisher, qu'elle a rencontrée sur Internet, elle devient l'assistante personnelle d'Havana Segrand, une star sur le déclin hantée par le souvenir de sa mère décédée, actrice-culte dans sa jeunesse, et dont elle s'apprête à reprendre le rôle dans le remake de son film-phare. Havana est également la cliente de Sanford Weiss, un auteur à succès et coach de vie pour célébrités, par ailleurs père de Benjie, enfant-star de 13 ans. Si Agatha lie rapidement connaissance avec Jerome, un aspirant acteur et scénariste chauffeur de limousine, elle ne tarde pas non plus à révéler le vrai motif de sa visite: renouer avec ses parents, qui ont coupé les ponts avec elle depuis qu'elle a mis le feu à la maison familiale sept ans auparavant.

David Cronenberg signe une fable cruelle, lucide et d'une ironie cinglante, dans laquelle le monde du cinéma apparaît comme un théâtre grec décadent, peuplé de fantômes et marqué par l'inceste. La mise en scène implacable, les dialogues acides, les cadrages d'une précision chirurgicale et l'interprétation saisissante finissent de le recommander.

CECI N'EST PAS UN POLAR

Canada. 2014. 119 min.

Drame de Patrick Gazé avec Roy Dupuis, Christine Beaulieu, Sylvie Boucher, Roc Lafortune, Gildor Roy, Guillaume Laurin, Stéphan Côté, Denis Trudel, Lise Castonguay, Marie-Claude Langlois, Claude Despins, Anie Pascale.

Séparé de sa femme, en conflit perpétuel avec son fils, André Kosinski, 52 ans, n'attend plus grand-chose de la vie. Mais le destin de ce chauffeur de taxi solitaire et aigri bascule lorsqu'il prend à bord de son véhicule Marianne, une jeune femme d'une trentaine d'années qui déambule dans un quartier résidentiel où une agression vient d'avoir lieu. La voyant pleurer, il lui tend un mouchoir. Pour le remercier de sa sollicitude, elle lui propose de monter boire un café... puis l'invite dans son lit. Troublé, hésitant à s'engager dans une nouvelle relation, André s'attache néanmoins à la jeune femme. Or, celle-ci reste très discrète sur sa vie et refuse de dévoiler la moindre parcelle de son passé. Conscient que Marianne cache un secret, André mène sa petite enquête, qui l'amène bien vite à la soupçonner d'être impliquée dans un crime dont parlent les journaux.

Mélodrame ou polar? Ce premier long métrage de Patrick Gazé ("Mon nom est Victor Gazon") flirte habilement avec les codes de ces deux genres, sans pour autant céder complètement à l'un ou à l'autre. De ce délicat équilibre émerge le portrait touchant de deux individus ordinaires malmenés par la vie, qui filent vers un dénouement d'une poignante banalité.

LAGGIES

États-Unis. 2014. 100 min.

Drame de Lynn Shelton avec Keira Knightley, Chloë Grace Moretz, Sam Rockwell, Ellie Kemper, Mark Webber, Gretchen Mol.

Alors qu'elle cherche encore sa vocation à l'approche de la trentaine, Megan est décontenancée par la demande en mariage de son fiancé et par l'infidélité de son père, qu'elle vient de découvrir. Feignant d'aller participer à un séminaire de croissance personnelle, la jeune femme immature demande à Annika, une adolescente sympathique rencontrée par hasard quelques jours plus tôt, de l'accueillir chez elle pendant une petite semaine, le temps de faire le point. Apprenant la présence dans sa maison de Megan, Craig, le père divorcé d'Annika, la somme de s'expliquer. Satisfait de ses réponses, ce notaire excentrique l'autorise à rester. Tandis que l'amitié entre Annika et Megan se solidifie au gré des confidences et des expériences en commun, cette dernière laisse Craig flirter avec elle.

La réalisatrice de HUMPDAY et YOUR SISTER'S SISTER poursuit son observation des rapports de force en amour dans cette comédie sympathique, comique par intermittence, qui néanmoins sent la formule et la redite. Aux côtés d'une Keira Knightley confortable dans la peau de l'adulescente, Sam Rockwell fait des étincelles.

LE PAS DE LA PORTE

Canada. 2014. 75 min.

Documentaire de Karine van Ameringen et Iphigénie Marcoux-Fortier.

Portrait de quatre femmes et un homme qui préconisent des rituels funéraires ou de préparation à la mort plus personnalisés et naturels que ceux offerts par les chaînes de salons mortuaires.

Bien que sincère et filmée avec empathie, cette exploration d'approches alternatives pour accueillir sereinement la mort et apprivoiser le deuil peine à soutenir l'attention, en étirant trop ses quelques bonnes idées originales. La réalisation, de facture télévisuelle, ne fait pas montre non plus d'une grande invention.

POUR UNE NOUVELLE SEVILLE

Canada. 2011. 72 min.

Documentaire de Kathy Wazana.

En 1948, la création de l'État d'Israël et la partition de la Palestine provoquent l'exode des Juifs arabes du Maroc. Aujourd'hui, ceux qui sont restés au pays témoignent.

LE RÔDEUR

États-Unis. 2014. 117 min.

Drame de moeurs de Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed, Bill Paxton, Ann Cusack, Kevin Rahm.

Oiseau de nuit asocial, Lou fait une halte sur le site d'un accident de la route. Fasciné par le travail des caméramans pigistes guidés sur les lieux par les radars de la police, le jeune voleur décide de faire de ce métier sa nouvelle vocation. Mal équipé et sans formation, Lou parvient toutefois, grâce à son arrogance et à son mépris des règles éthiques, à obtenir des images sensationnelles d'un accident puis à les vendre à Nina, productrice d'une émission de télévision matinale sur une chaîne locale. Enhardi par ce premier succès, ainsi que par les suivants, Lou embauche Rick, un jeune sans-abri, afin qu'il lui serve de guide dans le labyrinthe de Los Angeles, puis soumet Nina à un savant chantage afin de faire grimper le prix de ses contributions. Arrivé avant la police sur les lieux d'une fusillade dans un quartier bourgeois, Lou pousse l'audace jusqu'à pénétrer dans la résidence où s'est déroulé le crime.

Ce premier long métrage du coscénariste de THE BOURNE LEGACY formule une réflexion bien articulée mais guère neuve sur l'appétit des médias pour le scabreux et le sanglant. Inquiétant dans la peau du rôdeur sans morale, Jake Gyllenhaal, à contre-emploi, brille de tous ses feux. Le filmage sur le vif, dans l'esprit du sujet, dynamise aussi l'affaire.

WHY DON'T YOU PLAY IN HELL?

Japon. 2013. 119 min.

Comédie de Sion Sono avec Jun Kunimura, Shinichi Tsutsumi, Hiroki Hasegawa, Gen Hoshino, Fumi Nikaido, Tomochika.

Avec ses amis Miki et Tanigawa, Hirata forme le collectif "Fuck Bombers", qui se propose de révolutionner le film d'action japonais. Mais un jour, les cinéastes en herbe, armés de caméras 8 mm, se retrouvent par hasard au coeur d'un sanglant règlement de comptes entre deux chefs de clans yakuza: Muto et Ikegama. 10 ans plus tard, alors que les salles de cinéma japonaises sont en ruines et que le 35mm a presque disparu, les membres de Fuck Bombers sont toujours déterminés à parfaire leur art coûte que coûte. Et quand leur chemin croise celui de Mitsuko, une enfant-actrice que sa mère voulait voir se transformer en star mais qui n'est devenue qu'une starlette au tempérament explosif, leur rêve semble enfin pouvoir devenir réalité. Pourtant, encore une fois, ils se retrouvent mêlés malgré eux à un nouveau conflit entre les deux clans criminels. Car Mitsuko n'est autre que la fille de Muto et Ikegama est fou amoureux d'elle.

Présenté comme une déclaration d'amour au cinéma 35 mm, ce film de Sion Sono (GUILTY OF ROMANCE) se révèle plutôt grotesque, échevelé et complaisant. Monté frénétiquement, surchargé de musique et d'effets tape-à-l'oeil, interprété de manière outrée, WHY DON'T YOU PLAY IN HELL? mêle les genres dans un geste de cinéma certes virevoltant, mais ultimement épuisant