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Ebola: la deuxième infirmière contaminée au Texas a pris l'avion

15/10/2014 02:09 EDT | Actualisé 15/10/2014 02:09 EDT
Stewart F. House via Getty Images
DALLAS, TX - OCTOBER 15: The Texas Health Presbyterian Hospital, where health care workers Amber Vinson and Nina Pham are being treated for the Ebola virus is seen on October 15, 2014 in Dallas, Texas. The newest case of nurse Amber Vinson joins nurse Nina Pham, who also contracted the Ebola virus at Texas Heath Presbyterian Hospital while treating patient Thomas Eric Duncan, who has since died. (Photo by Stewart F. House/Getty Images)

La deuxième infirmière à avoir contracté l'Ebola dans un hôpital de Dallas a voyagé à bord d'un avion de Cleveland à Dallas alors qu'elle était porteuse de la maladie. Les autorités sanitaires américaines demandent aux passagers qui ont voyagé sur ce vol de les contacter.

Selon le Centre de contrôle des maladies (CDC), Amber Vinson, qui a contracté la maladie en s'occupant du premier cas d'Ebola traité dans un hôpital américain, a voyagé à bord d'un vol intérieur ralliant Cleveland et Dallas avant de ressentir les symptômes de l'infection au virus Ebola.

Le CDC demande néanmoins aux 132 passagers du vol 1143 de la compagnie Frontier Airlines de composer le 1-800-CDC-INFO pour répondre à quelques questions et assurer un suivi.

Le CDC répète qu'Amber Vinson ne présentait aucun symptôme de la maladie lorsqu'elle a pris cet avion lundi. Or, selon les médecins, la maladie ne serait pas contagieuse tant et aussi longtemps que le malade ne montre pas de symptômes.

Amber Vinson a obtenu un résultat positif d'infection à l'Ebola mardi, après avoir rapporté des symptômes de la maladie. L'infirmière, qui s'est occupée de Thomas Eric Duncan, le patient libérien mort de l'Ebola le 8 octobre au Texas Health Presbyterian Hospital, avait de la fièvre.

Elle a aussitôt été placée en isolement, précise le département texan de la Santé.

Cette nouvelle contamination d'une infirmière aux États-Unis est jugée « très inquiétante » par les autorités sanitaires américianes qui se « préparent à l'éventualité de nouveaux cas dans les jours prochains », précise l'AFP.

« L'enquête permet d'identifier des personnels soignants supplémentaires qui seront suivis de très près et nous nous préparons à l'éventualité de nouveaux cas dans les jours prochains. Thomas Frieden, » — Thomas Frieden, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC)

Dimanche, une première infirmière âgée de 26 ans, Nina Pham, avait aussi été infectée par le virus après s'être occupée de Thomas Eric Duncan. Son cas a été confirmé dimanche et elle a été placée en isolement.

« Comme nous l'avons déjà dit au vu de notre enquête en cours, il n'est pas impossible que d'autres personnes aient été exposées au virus », ont noté les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans un communiqué.

Pas de protocole

Hier, le syndicat des infirmières National Nurses United a jeté un pavé dans la mare en annonçant que la direction du Texas Health Presbyterian Hospital n'avait pas fourni au personnel de l'hôpital de protocole pour traiter les patients touchés par le virus Ebola.

Selon la présidente du National Nurses United, RoseAnn DeMoro, « les protocoles qui auraient dû être mis en place à Dallas ne l'ont jamais été et ne le sont pas davantage ailleurs aux États-Unis »

Qui plus est, un responsable de l'hôpital a confié au réseau américain CNN que Thomas Eric Duncan aurait dû être immédiatement transféré à l'hôpital de l'Université Emory, à Atlanta, ou encore au Centre médical du Nebrasaka. Ces deux hôpitaux figurent parmi les quatre hôpitaux du pays à être dotés d'unités de confinement pour faire face à ce genre de maladie contagieuse.

Si certains hôpitaux sont tout à fait prêts à faire face à une telle situation, d'autres, par contre, ne le sont pas du tout », a déclaré le responsable à CNN.

Une conférence téléphonique doit avoir lieu aujourd'hui entre la Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec, la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et le syndicat des infirmières National Nurses United aux États-Unis afin de faire le point sur la propagation du virus Ebola. Le but est de partager l'expérience des infirmières américaines, de discuter de prévention, de vérifier si toutes les précautions nécessaires sont prises au Canada. Cette conférence téléphonique a été proposée par le syndicat américain des infirmières.

Pendant qu'aux États-Unis on traite un troisième cas d'Ebola, en Afrique de l'Ouest, la situation se détériore rapidement. En Europe, la France sa annoncé qu'elle instaurera un dispositif de contrôle sanitaire dans ses aéroports à l'arrivée des vols en provenance des zones touchées par Ebola, a annoncé mercredi la présidence française dans un communiqué.

L'épidémie hors de contrôle

« Le monde est en train de perdre la guerre contre Ebola » , a prévenu mardi Anthony Banbury, chef de la mission des Nations unies chargée de coordonner la réponse d'urgence à Ebola (UNMEER).

L'épidémie « est loin devant nous, elle va plus vite que nous et elle est en train de gagner la course », a ajouté l'expert de l'ONU.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), de son côté, a dit craindre une explosion des cas d'Ebola en Afrique de l'Ouest, où le taux de mortalité du virus atteint 70 %.

« Début décembre, on pourrait avoir de 5000 à 10 000 nouveaux cas par semaine au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée contre un millier actuellement », a affirmé mardi le docteur Bruce Aylward, directeur général adjoint de l'OMS.

Selon le dernier bilan de l'épidémie, le virus Ebola a fait jusqu'ici 4447 morts pour 8914 cas de la maladie recensés.

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