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The Poutinerie: la poutine débarque à Londres

13/10/2014 12:50 EDT | Actualisé 04/01/2016 10:55 EST
emilie clavel

À Londres, le plat national québécois fait jaser, grâce… à un Torontois! Depuis quelques mois, The Poutinerie, le restaurant « pop-up » du chef Paul Dunits fait fureur chaque dimanche au marché branché de Brick Lane. La poutine de Dunits est si populaire qu’il vient même d’entamer une résidence dans un bar de l’est de Londres, où ses poutines - dont une au kimchi et une autre au « cheeseburger » avec bœuf haché, cornichons et cheddar - sont assorties à des cocktails tout aussi inusités. Le projet, baptisé Stacks Poutine, devrait visiter d’autres établissements londoniens au cours des prochains mois.

Recette gagnante pour les lendemains de veille

L’Ontarien n’est pas le premier à tenter de faire apprécier la poutine aux Londoniens. Il y a quelques années, le célèbre chef britannique Gordon Ramsay la proposait en accompagnement à son restaurant Foxtrot Oscar, dans le quartier huppé de Chelsea. Mais les clients n’ont pas été convaincus et le mets a été retiré du menu après quelques mois.

(Le texte continue ci-dessous):

The poutinerie

Force est d’admettre que Paul Dunits a réussi là où Ramsay avait échoué. Chaque dimanche, avec l’aide de sa fiancée suédoise Jenny Nilsson, le chef écoule la centaine de portions disponible en quelques heures à peine. Au départ, la clientèle était surtout composée d’expatriés québécois ayant le mal du pays. Mais très vite, la poutine de Dunits s’est méritée le sceau d’approbation des Québécois, qui l’ont recommandée à leurs amis britanniques.

Désormais, la clientèle est éclectique. Du groupe de jeunes venus se remettre d’une soirée bien arrosée au couple de touristes magasinant sur Brick Lane, personne ne manque de s’arrêter pour gouter à cette intrigante concoction.

Affublé (au grand dam de ses clients québécois) de sa casquette des Maple Leafs de Toronto, Paul Dunits se fait un plaisir d’initier les curieux, qui sont ensuite nombreux à se prendre en photo avec leur nouveau mets favori.

Pas très anglais, le fromage squeak-squeak

C’est l’été dernier, alors qu’il visitait ses parents en Ontario, que Paul Dunits a eu l’idée de démarrer The Poutinerie. « J’ai remarqué à quel point la poutine était devenue populaire à Toronto, raconte-t-il. À Peterborough, on vendait même le fromage en grains sur le bord de la route! »

Mais lorsqu’il a tenté d’exporter le concept vers sa terre d’adoption, le chef s’est heurté à un obstacle de taille. Le fameux fromage en grains, omniprésent dans les épiceries québécoises, est pratiquement inconnu à Londres, comme dans le reste de l’Europe.

Paul Dunits a donc dû convaincre un producteur laitier de la région (il se garde bien de révéler lequel) de commencer à produire le fromage - un cheddar caillé frais - exclusivement pour lui. Depuis, d’autres fromagers ont constaté la popularité de The Poutinerie et la production de fromage en grains, inexistante il y a à peine un an, a explosé.

À la conquête du Royaume-Uni

Grâce aux éloges des médias britanniques, qui la qualifie de « cure ultime pour les lendemains de veille », la poutine commence même à se faire connaitre à l’extérieur de la capitale. À Glasgow, en Écosse, le restaurant Bread Meets Bread propose par exemple trois poutines: une classique, une extra fromage (comme on les aime!) et une faite avec des pommes de terre sucrées.

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