NOUVELLES

Irak: les extrémistes prennent un camp militaire, des attentats font 30 morts

13/10/2014 04:23 EDT | Actualisé 13/12/2014 05:12 EST

BAGDAD - Des combattants du groupe armé État islamique se sont emparés, lundi, d'un camp d'entraînement militaire dans l'ouest de l'Irak, se rapprochant davantage d'un contrôle total de la province d'Anbar, tandis qu'une série d'attentats à la bombe a ébranlé des quartiers majoritairement chiites de la capitale, faisant au moins 30 morts.

Les attaques, qui se sont produites alors que les chiites se réunissaient dans les rues pour célébrer une importante fête religieuse, laissent croire à de nouveaux gains du groupe extrémiste à Bagdad, malgré les frappes aériennes menées par la coalition internationale dirigé par les États-Unis.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, en visite lundi en Irak, a prévenu que les frappes ne seraient pas suffisantes pour défaire le groupe djihadiste et a souligné que les forces irakiennes devraient faire «le travail difficile au sol».

Mais les troupes irakiennes, surmenées et dépassées par l'offensive éclair du groupe cet été, continuaient d'être sous pression dans la province d'Anbar, où les extrémistes ont pris le contrôle d'un camp d'entraînement militaire lundi.

Le camp, situé près de la ville de Hit tombée entre les mains des djihadistes plus tôt en octobre, a été pris tôt en matinée, après des heures d'affrontements avec les soldats irakiens qui ont été forcés d'abandonner le camp et de se retirer de la zone, ont déclaré deux responsables provinciaux à l'Associated Press, sous le couvert de l'anonymat. Deux résidants, qui ont réclamé l'anonymat par crainte pour leur sécurité, ont également confirmé la chute du camp.

Le groupe État islamique s'est vanté d'avoir pris le camp dans une déclaration publiée lundi. Son authenticité n'a pas pu être vérifiée, mais elle a été publiée sur des sites extrémistes fréquemment utilisés par le groupe.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a indiqué lundi que quelque 180 000 personnes avaient été forcées de fuir leur domicile dans la province d'Anbar à cause des récents combats autour de Hit et Ramadi, la capitale provinciale. Ces personnes ont besoin d'une aide d'urgence, notamment de nourriture, d'eau et d'abris, a souligné l'ONU.

Dans la capitale, largement épargnée jusqu'à maintenant par les violences causées par les djihadistes dans d'autres régions de l'Irak, des attentats ont fait au moins 30 morts et de nombreux blessés lundi, principalement dans trois quartiers habités par les chiites.

Dans le district de Habibiya, dans l'est de Bagdad, 15 personnes ont été tuées et 34 autres ont été blessées quand un kamikaze a précipité son véhicule bourré d'explosifs sur un poste de contrôle de la police. Plus tôt dans la journée, une voiture piégée a explosé près d'une gare d'autocars dans le nord de Bagdad, tuant au moins 11 personnes, en plus de faire 22 blessés. Dans le vaste secteur de Sadr City, une bombe cachée dans un chariot de légumes a fait quatre morts et 28 blessés.

Ces attentats n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat, mais des combattants de l'État islamique affirment s'être implantés à Bagdad et ont revendiqué plusieurs attentats à grande échelle dans la capitale au cours des derniers mois, particulièrement dans le quartier chiite de Sadr City.

PLUS:pc