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La Bolivie aux urnes, Evo Morales favori pour un troisième mandat (PHOTOS)

12/10/2014 11:15 EDT | Actualisé 12/10/2014 11:16 EDT
AIZAR RALDES via Getty Images
Bolivian President and candidate to the reelection for the Movimiento Al Socialismo (MAS) party Evo Morales votes in Villa 14, Chapare, Bolivia on October 12, 2014. Bolivia's indigenous President Evo Morales was widely expected to win a third term in power in elections Sunday, along with a legislative majority that would permit him to push through his leftist reforms. Six million Bolivians were casting ballots in the presidential and congressional polls, which would likely expose the weakness of a fragmented opposition. AFP PHOTO/Aizar Raldes (Photo credit should read AIZAR RALDES/AFP/Getty Images)

Quelque six millions de Boliviens ont commencé à voter dimanche lors d'élections générales qui devraient concrétiser le soutien dont jouit le président de gauche Evo Morales en lui accordant un troisième mandat consécutif et le contrôle du parlement.

Pour la première fois, les Boliviens de l'étranger peuvent participer à l'élection, la huitième depuis le retour à la démocratie dans le pays.

"La Bolivie est un pays démocratique et nous nous attendons à une participation massive qui démontre l'unité du pays", a déclaré le président Morales qui votait à Cochabamba, dans le centre du pays.

Il devrait ensuite regagner la Paz et attendre les résultats dans le Palais Présidentiel Quemado avant d'adresser un message à la nation, après la confirmation d'une victoire attendue.

Premier président amérindien de Bolivie, il obtiendrait près de 60% des votes.

Le vote est obligatoire en Bolivie, sous peine d'une amende élevée (quelque 60 dollars). La consommation d'alcool a été interdite 48 heures avant le vote et 12 heures après, de même que le port d'armes à feu.

La circulation des voitures particulières a été également réglementée pour les élections et un permis spécial sera nécessaire.

Faisant la queue dans un bureau de vote de Laja, à une trentaine de kilomètres de la capitale, Johny Huanco a estimé "que l'élection se déroulait normalement" et a prédit "une large victoire" du MAS (Movimiento Al Socialismo), le mouvement d'Evo Morales.

Un autre électeur, Maurico Loma, déplore quant à lui l'état des infrastructures de la localité et espère "que les élus s'occuperont de construire des routes et paver les rues".

Le principal candidat de l'opposition, Samuel Doria Medina de l'Union Démocratique (UD), magnat du ciment et du fast-food déjà rival malheureux de M. Morales lors des deux dernières élections présidentielles, est crédité de 18% des intentions de vote.

L'ex-président conservateur Jorge Quiroga (9%) arriverait en troisième position, devant le social-démocrate Juan del Granado (3%) et le candidat du Parti Vert Fernando Vargas (2%).

Quelque 60 observateurs de 22 nationalités mandatés par l'Organisation des États américains (OEA) seront présents dans les diverses régions du pays.

Arrivé au pouvoir en 2006 avec 54% des voix dès le premier tour, Evo Morales a été triomphalement réélu en 2009, recueillant 64% des suffrages.

Plus ancien président en exercice sur le continent, il devrait être reconduit dès le premier tour pour un mandat de cinq ans.

La Bolivie est le pays d'Amérique latine à la plus forte proportion de population amérindienne et l'un des plus pauvres de la région malgré d'importantes réserves d'hydrocarbures, une manne devenue capital politique entre les mains du président Evo Morales.

Des taux élevés de croissance et un climat propice aux affaires ont également provoqué un rapprochement du pouvoir politique avec les milieux d'affaires de Santa Cruz (est).

Evo Morales pourrait pour la première fois obtenir la majorité dans cette région, poumon économique du pays.

En 2008, des dizaines de milliers d'habitants de ce département s'étaient mobilisés en faveur de l'autonomie et contre le gouvernement central.

Les élections verront également le renouvellement du Parlement, avec un Sénat de 36 membres et une Chambre des députés de 130 membres.

Avec le contrôle du Congrès, les partis d'opposition ont exprimé leur crainte que le président Morales ait les mains libres pour modifier la Constitution en vue de réélections répétées.

"En neuf ans, nous avons appris à bien gouverner et c'est pour cela que nous gagnerons avec une large majorité", s'est félicité d'avance le président Morales auprès de ses partisans lors de son dernier meeting de campagne à El Alto, près de La Paz.

Il arrive aux élections fort d'une stabilité politique inédite dans un pays qui a connu 160 coups d'État depuis l'indépendance en 1825.

"Con Evo vamos bien" ("Avec Evo, nous allons bien") clament les affiches omniprésentes du candidat dans les rues de La Paz, où celles de ses rivaux brillent par leur absence.

Aujourd'hui les entrepreneurs du pays ne sont plus en guerre ouverte contre celui qui a pourtant nationalisé des pans entiers de l'économie, mais qui a su se montrer pragmatique.

La Bolivie aux urnes

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