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Prix Nobel de la paix: Malala Yousafzay était à l'école au moment de sa nomination

10/10/2014 06:58 EDT | Actualisé 10/10/2014 11:01 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this undated file photo provided by Queen Elizabeth Hospital in Birmingham, England, Malala Yousufzai, the 15-year-old girl who was shot at close range in the head by a Taliban gunman in Pakistan, reads a book as she continues her recovery at the hospital. Malala Yousafzai, the Pakistani teenager shot in the head by the Taliban, is writing a memoir. Publisher Weidenfeld and Nicolson said Thursday March 28, 2013 it will release "I am Malala" in Britain this fall. Little, Brown will publish it in the United States.A Taliban gunman shot Malala on Oct. 9, while she was on her way home from school in northwestern Pakistan. (AP Photo/Queen Elizabeth Hospital, File)

Quand le prix Nobel de la paix lui a été conjointement attribué, Malala Yousafzai était "à l'école comme d'habitude" à Birmingham, où elle réside quand elle ne parcourt pas le monde pour prôner le droit à l'éducation.

Comme un symbole, l'adolescente pakistanaise de 17 ans était vendredi matin dans un endroit banal pour certains mais privilégié pour d'autres, un lieu dont elle aimerait l'accès ouvert à tous les enfants et à toutes les filles du monde: une école.

"Elle est à l'école, comme d'habitude", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la puissante entreprise de relations publiques, Edelman, qui gère l'image de la plus jeune lauréate du prix Nobel de l'Histoire.

Récompensée avec l'Indien Kailash Satyarthi "pour leur combat contre l'oppression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l'éducation", Malala est scolarisée depuis mars 2013 dans un établissement privé de Birmingham.

Birmingham, "mon deuxième chez moi"

Elle réside dans la deuxième ville d'Angleterre, où vit une importante communauté pakistanaise, depuis qu'elle y a été opérée avec succès en octobre 2012 après avoir reçu une balle en pleine tête tirée par des talibans, au Pakistan.

"La ville de Birmingham m'est très chère parce que c'est là que je me suis retrouvée en vie, sept jours après avoir été blessée par balle. C'est maintenant mon deuxième chez moi, après mon Pakistan bien-aimé", disait-elle en septembre 2013 en inaugurant la nouvelle bibliothèque de la ville, alors que son nom circulait déjà pour le Nobel de la paix.

Une affection que lui rendent plusieurs habitants de la ville. "Je l'apprécie. Elle est sûre d'elle, elle parle en son nom et pour les femmes", a déclaré à l'AFP Zara Hussain, qui s'est dite "fière d'elle". "Elle pourrait être présidente (du Pakistan) si elle continue", a-t-elle même appelé de ses voeux.

L'Imam Usman Mahmood de la mosquée centrale de la ville a également dit que la communauté était "très contente qu'elle ait reçu le prix Nobel de la paix". "Nous lui souhaitons le meilleur et qu'elle continue sur le chemin qu'elle s'est tracé", a-t-il ajouté.

Devant l'hyper-médiatisation de Malala, certains de ses détracteurs, notamment au Pakistan, ont cependant accusé l'adolescente d'être une marionnette de l'Occident. D'autres s'inquiètent de cette énorme exposition médiatique.

Basharat Hussain, un habitant de Birmingham de 30 ans, a ainsi estimé qu'"elle n'aurait pas dû l'avoir". "Elle est une source d'inspiration mais je pense qu'ils l'utilisent à des fins politiques, elle est utilisée par plusieurs organisations et gouvernements", a-t-il avancé.

Malala insiste sur le fait que ce cirque médiatique n'a pas modifié sa personnalité. "Mon monde a changé, mais pas moi", affirme-t-elle dans son autobiographie "Je suis Malala".

Concert en son honneur

Entourée de sa famille, elle a fait de cette cité sans charme du centre de l'Angleterre son refuge ainsi que son camp de base, d'où elle part sillonner la planète pour donner des conférences et rencontrer les plus grands de ce monde.

Devenue une icône du combat pour l'éducation des filles, la jeune Pakistanaise dispose à son service d'une formidable machine de communication, Edelman, qui a contribué à diffuser son message et à lui conférer un statut de star.

Avant même d'avoir 17 ans, Malala s'était déjà exprimée à la tribune des Nations unies, avait également publié son autobiographie et été invitée par la reine Elizabeth II au palais de Buckingham.

La jeune militante bénéficie aussi de l'attention bienveillante de l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, envoyé spécial de l'ONU chargé de l'éducation. Il lui a rendu visite au Queen Elizabeth Hospital de Birmingham lorsqu'elle s'y trouvait en soins intensifs et a depuis pris fait et cause pour son engagement.

Vendredi, il a logiquement été l'un des premiers à féliciter "son amie".

Londres sera le théâtre d'une nouvelle célébration pour la jeune fille le 28 octobre prochain avec la première mondiale d'une pièce pour choeur et orchestre baptisée "Malala" du compositeur James McCarthy.

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