POLITIQUE

Lisée « est cuit au Parti québécois », selon l'ex-ministre Louise Beaudoin

10/10/2014 10:32 EDT | Actualisé 10/10/2014 10:32 EDT
PC

La carrière politique de Jean-François Lisée au Parti québécois est terminée, selon l'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin, interrogée sur les ondes d'ICI RDI.

« Peut-être que sa carrière politique, je ne sais pas, comme candidat indépendant vient de prendre un grand envol. Mais au Parti québécois comme tel - et connaissant ce parti-là de l'intérieur comme je le connais - il doit être haï au moment où je vous parle. »

— Louise Beaudoin

Le député de Rosemont a rapidement répliqué à Mme Beaudoin dans les pages de son blogue, où il explique son désir de changer le parti de l'intérieur. S'adressant directement à l'ancienne ministre péquiste, Jean-François Lisée compare sa situation à la sienne lorsqu'elle a décidé de quitter le parti.

« Il faut du cran, pour être à contre-courant, écrit M. Lisée. Pour soulever les sujets qui fâchent. Pour admettre les erreurs que nous avons commises lorsque nous étions au gouvernement. Cela dérange. Mais il le faut, si nous voulons changer la donne. »

« Je sais que je dérange. Je sais que je détonne. Je sais que j'innove. Comme tu dérangeais et détonnais et innovais il y a quelques années. »

— Jean-François Lisée

M. Lisée fait le pari que ses collègues accepteront le débat et que le parti en ressortira grandi.

Lisée ostracisé

La grogne est en effet palpable au sein du caucus du PQ, selon les informations colligées par notre correspondant parlementaire Hugo Lavallée. Des députés, frustrés par l'attitude adoptée par le député Jean-François Lisée ces derniers jours, l'ont pris en grippe.

La fin de semaine dernière, il s'en est pris à Pierre Karl Péladeau en le sommant de vendre une partie des actions qu'il détient dans Québecor. « Ça ne fait aucun doute qu'on ne peut pas être chef de parti et contrôler un empire médiatique », a-t-il dit.

De plus, le député de Rosemont est sur le point de faire paraître un livre intitulé Le journal de Lisée. 18 mois de pouvoir, mes combats, mes passions. Le livre suscite des inquiétudes parmi les anciens membres du gouvernement Marois, qui craignent que Jean-François Lisée n'évente leurs secrets.

« Écoutez, nous le lirons, et si j'ai des commentaires à faire, je le ferai », s'est contenté de dire Stéphane Bédard, député de Chicoutimi et chef de l'opposition officielle, après que les journalistes l'eurent questionné à ce sujet.

Des rumeurs d'expulsion

Selon nos informations, des députés auraient exprimé le souhait que Jean-François Lisée soit expulsé de leur caucus. « Je suis avec mon équipe, ma famille [politique] je suis content d'être là », s'est contenté de dire le député de Rosemont jeudi matin, suivi par le whip en chef du Parti québécois, Marjolain Dufour, à la sortie du caucus.

Plus tôt cette semaine, M. Lisée a aussi révélé qu'il aurait voté contre la charte des valeurs si cette dernière n'avait pas été amendée, ce que d'aucuns ont interprété comme une trahison.

« Je n'aurais pas voté pour cette loi. Je ne me serais pas abstenu. J'aurais voté contre », a déclaré Jean-François Lisée.

En entrevue lundi, il a affirmé qu'il était inconcevable, d'après lui, de « forcer les salariés actuels de l'État à changer leurs signes » sous peine « de les sanctionner ou les mettre à la porte ».

La divergence de vues entre MM. Lisée et Péladeau ne date pas d'hier. En novembre 2010, dans le magazine L'actualité, Jean-François Lisée faisait paraître une lettre intitulée : Lettre à PKP, étonnez-nous!

Dans cet écrit, M. Lisée écrivait à Pierre Karl Péladeau : « Vous ne laissez personne indifférent, c'est entendu. Vous avez la réputation du bagarreur, fonceur et pugnace, qui ne craint pas de casser un certain nombre d'œufs pour cuisiner ses omelettes médiatiques. Davantage même, pense-t-on en plusieurs milieux, que la recette n'en nécessitait. »

À l'époque, Pierre Karl Péladeau émergeait d'un procès en diffamation qu'il avait intenté à Sylvain Lafrance, alors à la tête des services français de Radio-Canada. Il était aussi aux prises avec un conflit de travail avec les employés syndiqués du Journal de Montréal.

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