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Les indications sur les taux peuvent être coûteuses, croit Stephen Poloz

10/10/2014 04:19 EDT | Actualisé 10/12/2014 05:12 EST

OTTAWA - Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, croit que les indications prospectives sur les modifications aux taux d'intérêt devraient être réservées essentiellement aux périodes où les taux sont à leur plus faible niveau possible.

Dans un document d'analyse publié vendredi, M. Poloz reconnaît que les indications prospectives réduisent l'incertitude au sujet des éventuels changements apportés à la politique monétaire et, lorsque les taux d'intérêt ne peuvent pas diminuer davantage, qu'elles peuvent rassurer les marchés.

Cependant, ces indications ne sont pas sans coûts et elles peuvent entraîner une volatilité significative lorsque les marchés perçoivent que la banque centrale se prépare à adopter des changements.

«En principe, cette stratégie permettra d’améliorer la réaction de l’économie à des taux d’intérêt bas», a écrit M. Poloz.

«La Banque du Canada a fourni temporairement des indications prospectives dans la foulée de la crise financière, et cela a donné de bons résultats.»

En avril 2009, pendant la crise financière, la Banque du Canada a réduit son taux d'intérêt directeur à 0,25 pour cent et le gouverneur de l'institution de l'époque, Mark Carney, avait indiqué que les taux ne bougeraient plus avant le deuxième trimestre de 2010, tout dépendant des prévisions de la banque centrale au sujet de l'inflation.

M. Poloz a aussi noté que les indications prospectives étaient inévitablement conditionnelles aux hypothèses et aux prévisions.

«Bien qu’appropriée, cette approche instaure un équilibre fragile au niveau des marchés, de sorte que toute nouvelle observation peut être interprétée comme une éventuelle mise en garde, et il peut s’avérer nécessaire de rassurer sans cesse les marchés», a-t-il poursuivi.

«En un mot, les marchés peuvent développer une dépendance aux indications prospectives si celles-ci sont trop précises ou accompagnées de beaucoup de mises en garde.»

La suppression des indications prospectives transfère une partie de l'incertitude vis-à-vis de la politique de la banque centrale aux marchés, ce qui, selon M. Poloz, «est plus souhaitable en temps normal».

Le taux directeur de la Banque du Canada se situe à un pour cent depuis plus de quatre ans.

La banque centrale affiche actuellement une position neutre sur les taux d'intérêt, ce qui signifie qu'elle pourrait aussi bien décider de les hausser que de les réduire.

Sa prochaine annonce sur ses taux est prévue pour le 22 octobre, date à laquelle est dévoilera aussi son plus récent rapport sur la politique monétaire. Les économistes s'attendent, en grande majorité, à ce que les taux restent inchangés.

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