NOUVELLES

Une nouvelle flambée de violence en Centrafrique fait au moins 12 morts

09/10/2014 12:35 EDT | Actualisé 09/12/2014 05:12 EST

BANGUI, République centrafricaine - Une nouvelle flambée de violence dans la capitale de la République centrafricaine aurait fait au moins 12 morts, selon le Comité international de la Croix-Rouge.

Il s'agit des pires affrontements à survenir depuis le déploiement d'une force de maintien de la paix des Nations unies le mois dernier.

Une sortie de route ayant suivi une attaque contre un convoi a fait un mort dans les rangs des casques bleus, en plus d'en blesser sept autres, a indiqué Vannina Maestracci, porte-parole associée du secrétaire général de l'ONU.

Il s'agit du premier décès d'un soldat de la paix depuis que l'ONU a récupéré le mandat de maintien de la sécurité des mains d'une force de l'Union africaine.

La violence vient d'ailleurs compliquer les efforts humanitaires.

Les employés de Médecins sans frontières ont été contraints de rester chez eux, tandis que les membres de la Croix-Rouge qui ont voulu récupérer les corps ont été menacés.

«Il est vraiment regrettable que de telles actions puissent mettre en péril les tentatives de venir en aide aux blessés», a déclaré Antoine Mbao Bogo, le président de la Croix-Rouge centrafricaine. Son organisation a fourni un premier bilan de 12 morts, mais elle précise ne pas avoir été encore en mesure de se rendre dans tous les quartiers.

La violence a éclaté mardi quand un ancien membre des rebelles musulmans a été tué par des miliciens chrétiens qui ont mutilé et brûlé son corps, selon des témoins.

L'homme a été accusé d'avoir lancé deux grenades, l'une dans un fief anti-Balaka du nord de la ville, poussant les miliciens à se lancer à sa poursuite. «Il a été poursuivi par des combattants anti-Balaka qui l'ont attrapé, tué et qui ont ensuite brûlé son corps», a mentionné un habitant de la ville.

Des représailles ont suivi. Des combattants musulmans ont ainsi tué au moins deux personnes, dont un chauffeur de taxi. En fin de journée mercredi, des miliciens chrétiens ont défilé dans les rues en agitant leurs armes et en tirant en l'air.

Des tirs d'armes lourdes retentissaient jeudi matin.

Les affrontements entre musulmans et chrétiens ont fait au moins 5000 morts au cours de la dernière année.

«Les principaux groupes armés sont en déroute, leur leadership est mal défini, ils cherchent à gagner du territoire et poursuivre leur banditisme, tout comme leurs activités politiques», a indiqué l'International Crisis Group.

PLUS:pc