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Les rennes norvégiens encore trop radioactifs 28 ans après Tchernobyl

09/10/2014 01:44 EDT | Actualisé 09/10/2014 01:45 EDT
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reindeer

Près de trois décennies après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, des rennes de Norvège affichent une poussée de radioactivité qui les rend actuellement impropres à la consommation, a indiqué une chercheuse jeudi.

Le niveau de césium 137, isotope radioactif pouvant découler d'un accident dans une centrale atomique, mesuré chez des rennes d'élevage a atteint jusqu'à 8 200 becquerels (Bq) par kilo cette année dans le centre de la Norvège.

Cette région a été la plus touchée du pays par le nuage radioactif dégagé lors du désastre, survenu à des milliers de kilomètres de là, qui avait fait des milliers de morts en 1986.

"C'est bien au-dessus de la limite fixée pour autoriser l'abattage des animaux", à savoir 3.000 Bq par kilo, et très au-delà du niveau mesuré il y a deux ans (entre 1 500 et 2 500 Bq), a déclaré à l'AFP Inger Margrethe Eikelmann de l'Autorité norvégienne de protection contre les rayonnements.

Résultat: l'abattage de quelques centaines d'animaux n'a pu avoir lieu fin septembre, la saison traditionnellement fatale au cervidé.

"Nous observons une décrue du césium dans l'écosystème depuis plusieurs années et l'on pensait que les rennes seraient désormais sous les plafonds autorisés", a souligné Mme Eikelmann.

Le rebond de radioactivité observé cette année s'explique en fait, selon les chercheurs, par l'abondance de champignons --dont raffolent les rennes, les moutons et autres animaux de pâture-- en raison d'un été long, humide et chaud.

Or, les champignons se nourrissent de nutriments trouvés sur les couches les plus élevées du sol, celles où reposent les particules de césium 137 retombées du nuage de Tchernobyl.

L'épisode ne devrait cependant offrir qu'un court répit aux rennes. Selon Mme Eikelmann, le niveau de radioactivité du césium ingéré par un renne est divisé de moitié après deux ou trois semaines pour peu qu'il consomme d'autres aliments que les champignons, lesquels devraient naturellement disparaître avec les premières gelées.

À défaut, les éleveurs peuvent aussi rassembler leurs animaux dans des enclos et les nourrir en prévision d'un abattage.

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